Paris, Genève, le 5 juillet 2016 – Après une déclaration devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur la situation au Burundi, par une coalition d’OING, l’ACAT -Burundi , membre du réseau de la FIACAT, et son président Armel Niyongere ont fait l’objet de violentes critiques et accusations de la part d’un représentant du pouvoir en place. Ces critiques sont injustifiées et non -fondées et traduisent l’effort du gouvernement burundais pour jeter le discrédit sur la société civile nationale et internationale.

Le Conseiller Principal chargé de communication du Président Nkurunziza, M. Willy Nyamitwe, a dénoncé sur Twitter des informations erronées et même mensongères dans les déclarations de la société civile lors de la présentation du rapport du Haut -Commissariat sur la situation au Burundi. Il a également été reproché à cette déclaration, et aux rapports SOS -Torture/Burundi , campagne initiée par les défenseurs des droits de l’homme burundais pour lutter contre l’impunité, de relever uniquement les crimes imputés à la jeunesse Imbonerakure. Enfin, l’ACAT -Burundi et son président Armel Niyongere ont été accusés d’appartenir à « l’opposition radicale », remettant ainsi en cause l’objectivité des informations fournie par cette ONG affiliée à la FIACAT.

La FIACAT, le CCPR Centre et l’OMCT tiennent à répondre à l’ensemble de ces critiques :

- Nos organisations rappellent que les informations rapportées dans la déclaration du 29 juin 2016 ont été dument vérifiées et corroborées par plusieurs associations burundaises et OING ;

- Les rapports de la campagne SOS -Torture/Burundi dressent un état des lieux régulier des violations des droits de l’homme au Burundi, quels qu’en soient les auteurs, comme le montrent les cas d’attaques revendiquées par le mouvement rebelle Red Tabara, par des groupes armés ou par des auteurs non -identifiés ;

- Enfin, l’ACAT -Burundi est une ONG membre de la FIACAT et affiliée à son réseau. Elle a pour but de lutter pour l’abolition de la peine de mort et de la torture, et n’a aucune attache politique dans aucun pays. Son président, Me Armel Niyongere, est un défenseur des droits de l’homme dont la mission est uniquement de dénoncer ces violations des droits de l’homme, devenues très fréquentes au Burundi.

La déclaration faite le 29 juin 2016 par la coalition d’OING, non -sponsorisée par l’ACAT -Burundi mais dont elle soutient les constatations, dénonçait les nombreux cas de torture, d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées et autres violations des droits de l’homme au Burundi au cours de la dernière année.

En remettant en cause la véracité des informations transmises au Conseil des droits de l’homme par la coalition d’OING, ainsi que l’objectivité de l’ACAT -Burundi et de son Président, considéré comme un opposant politique, ces propos s’inscrivent dans une politique plus large de répression et de musèlement de la société civile qui dure depuis déjà plusieurs mois.

Pour rappel, l’ACAT Burundi a déjà fait l’objet, comme de nombreuses autres organisations, de restrictions de la part des autorités burundaises. Les activités de l’ACAT Burundi ont notamment été suspendues par une ordonnance le 23 novembre 2015 et ses comptes bancaires gelés.

Contact presse :

- CCPR Centre : Vincent Ploton : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

- FIACAT : Marie Salphati : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

- OMCT : Carin Benninger – Budel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.