Télécharger le Rapport d’activités 2011 de la FIACAT
Mot de la présidente
La torture fait l’objet d’une prohibition absolue en droit international. Quelles que soient les circonstances, nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Aucune exception n’est tolérée et ne doit l’être. Les principaux textes juridiques internationaux et régionaux (traités des Nations unies, Conventions de Genève, Convention européenne des droits de l’homme, Charte européenne des droits fondamentaux, Convention américaine des droits de l’homme, Charte africaine des droits de l’homme et des peuples…) le proclament.
Ils ont créé des mécanismes internationaux et régionaux destinés à prévenir la torture et les traitements ou peines cruels, inhumains ou dégradants, veiller à ce que les personnes arrêtées ou emprisonnées soient traitées humainement, encourager les États à protéger les individus contre les risques graves de torture, lutter contre l’impunité dont bénéficient trop souvent les bourreaux, indemniser les victimes de torture et leurs familles.
Le caractère absolu de l’interdiction de la torture lui a donné une dimension morale : la torture est devenue « impensable ». Elle est une humiliation de la personne humaine. Elle est l’atteinte la plus profonde à la dignité humaine.
La Foi chrétienne enseigne la dignité de l’homme et la valeur inestimable de la vie. La lutte contre la torture n’est pas seulement une action importante, elle est une composante à part entière de la vie spirituelle : refuser la destruction de l’homme par l’homme par un combat passionné pour la dignité de la personne humaine. La dénonciation de la torture ne saurait donc constituer une option facultative de la vie chrétienne. Elle participe au contraire à l’essence même de cette vie, à ce qui en fait le cœur : « Souvenez-vous de ceux qui sont en prison comme si vous étiez prisonniers avec eux, de ceux qui sont maltraités, puisque, vous aussi, vous avez un corps » (Epître aux Hébreux 13,3).
A une époque où la torture est pratiquée dans plus de la moitié des pays de la planète, les chrétiens, les congrégations et institutions religieuses, les Églises, doivent donc s’engager plus résolument dans le combat pour son abolition. Voilà pourquoi en 2012, à l’occasion d’un séminaire international qui se tiendra du 17 au 19 juin 2012 à Bruxelles (Belgique), la FIACAT propose l’interpellation suivante : « Regards croisés sur la dignité humaine, quelle contribution chrétienne aujourd’hui ? ».
Sylvie Bukhari-de Pontual

