Expert senior en droit international des droits de l’homme (également en lien avec le droit international humanitaire, pénal et des réfugiés) en tant que membre du Bureau international de la FIACAT depuis juillet 2016 et du Conseil du Service international pour les droits de l’homme (SIDH) depuis 2013 ainsi que pour le Département fédéral suisse des affaires étrangères (DFAE) depuis 2012. Ancien responsable de la politique suisse des droits de l’homme du DFAE (1980 -2000), ancien Ministre en charge des droits de l’homme auprès des Missions suisses des Nations Unies à New York et Genève (2000 -2012).

Quelle que soit notre couleur, ethnie, religion, conviction ou opinion, chacun d’entre nous est un défenseur potentiel des droits de l’humain luttant contre des violations très graves, telles la torture, les disparitions forcées et la peine capitale. Partie intégrante de la société civile, chacun de nous s’engage, seul ou en collectif, au plan local, national, régional ou international, en faveur de la protection et de la promotion des droits de l’homme, qu’ils soient civils, culturels, économiques politiques ou sociaux. C’est là notre mission car leur respect est une contribution essentielle à la paix et à la sécurité dans tout pays, toute région et donc dans le monde.

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Pourquoi le diplomate que j’étais, est devenu un militant de la Fédération internationale des ACAT (FIACAT),

qui réunit une trentaine d’ACAT nationales dans le monde ?

Je suis un ex-diplomate expert en droit international des droits humains, qui s’est dépensé pendant trois décennies pour que notre ministère des Affaires étrangères s’engage de façon permanente pour la protection et promotion de ces droits et libertés dans le cadre de la politique étrangère de mon pays. Au sein de notre Ministère, je me suis battu contre ceux ne voulant pas comprendre que la protection et la promotion de tous les droits de l’humain constituent une contribution essentielle à la paix et la sécurité dans tout Etat, toute région, tout continent et par là dans le monde. J’ai été au front pour que notre Ministère intervienne bilatéralement dans tout Etat où étaient gravement violés les droits de la personne. Dès le début des années 90, j’ai également eu la chance de mener à plusieurs reprises notre délégation lors du difficile dialogue bilatéral avec Beijing sur les droits de humains en Chine et au Tibet. Travaillant main dans la main avec la société civile, j’ai activement négocié des Conventions, Protocoles facultatifs, Déclarations et de très nombreuses résolutions au sein des enceintes des Nations unies, du Conseil de l’Europe, de la dimension humaine de l’OSCE et de l’UNESCO. Cela a été tout particulièrement le cas lors d’initiatives de mon pays en faveur de l’élaboration d’instruments novateurs en la matière, comme la Convention européenne pour la prévention de la torture et le Protocole facultatif à la Convention ONU contre la torture. S’exprimer sans cesse dans ces fora en se fondant sur le droit international des droits humains, sans en abuser à des fins politiques, et faire ainsi avancer la cause des droits et libertés de la personne et les défendre contre ceux entendant les affaiblir a rendu dans le concert des nations souvent quasi incontournable la voix d’un petit pays.                                                                                                                               

A l’âge de la retraite, j’ai passé quelques années comme expert senior en droits humains de notre Ministère. Puis je me suis reconverti de militant officiel des droits humains en un activiste d’ONG après avoir été élu en 2016 au Bureau international de la FIACAT, à Paris, sur proposition de la représentante de l’ACAT de mon pays. Une fois acquis à la cause des droits de la personne, on est motivé pour toujours, car on réalise que nos droits humains sont notre vie de tous les jours et que nous devons les défendre, les nôtres et ceux de notre prochain !  

La FIACAT et la trentaine d’ACAT nationales sont des ONG qui défendent la dignité inhérente à chaque être humain et son droit de vivre jour après jour ses droits humains inaliénables. Nous agissons aux plans universel, régional, national et local. Aux côtés du Secrétariat de la FIACAT, son Bureau international s’engage au premier chef en faveur des droits à l’intégrité physique et psychique et à la vie de toute personne face à la torture et aux traitements ou peines cruels, inhumains ou dégradants, à la peine capitale, aux exécutions extra-judiciaires, sommaires ou arbitraires, ainsi qu’aux disparitions forcées. Notre credo et notre plaidoyer en faveur de la protection et de la promotion de ces droits absolus, auxquels les Etats ne peuvent dès lors en aucune circonstance déroger, reposent sur les valeurs humanistes universelles et fondamentales des chrétiens de toutes confessions.

Notre action s’inscrit dans le cadre de la lutte globale que mène la société civile dans les Etats, à l’ONU, à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et au Conseil de l’Europe pour que chaque être humain puisse dès l’enfance apprendre ses droits de l’homme - civils, culturels, économiques, politiques ou sociaux - et y être formé, aux fins de les connaître, de les pratiquer et d’en jouir, de les vivre au jour le jour. Ils font partie intégrante de notre être, nous devons au besoin défendre nos droits et ceux d’autrui.

En tant qu’individus exerçant nos droits de la personne jour après jour durant toute notre vie, nous sommes tous concernés. Il est de notre intérêt primordial, à titre individuel et en commun, de défendre nos droits et libertés, et ceux de nos frères et sœurs, sans discrimination aucune.

Nous avons grand besoin de votre engagement personnel, contribuez donc à notre action contre la torture et la peine capitale en rejoignant nos ACAT nationales ou en les soutenant, à l’instar de notre FIACAT.

 

Jean-Daniel Vigny

Ancien diplomate, expert international en droits humains, membre du Bureau international de la FIACAT