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fiacat.info n° 78 - Septembre 2012

septembre 2012

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Le bulletin FIACAT Info n° 78 contient des informations sur les activités de la FIACAT et des ACAT durant le premier semestre 2012.

Éditorial

Réunis à Bruxelles en juin 2012 à l’occasion du Conseil international de la FIACAT, les représentants des ACAT ont approfondi la réflexion sur leur engagement de chrétiens soucieux de faire respecter la dignité humaine partout et toujours, cette dignité humaine commune à tous les hommes proclamée dans le Préambule de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) [1] et qui a donné naissance à l’article premier de la DUDH, célèbre entre tous [2]. En 1948, s’inscrivant dans le fil de la pensée kantienne, la dignité humaine constitue donc une référence morale, et juridique – même si elle n’a qu’une simple valeur déclaratoire qui n’emporte aucune obligation -, « contre les abus et les dérives des pouvoirs, ainsi qu’un but à réaliser. » Elle est alors instituée comme une valeur fondamentale des sociétés démocratiques et son respect une norme inconditionnelle : « ... seule la personne est source et lieu de dignité ».

Même s’il n’existe aucune définition du concept de dignité humaine faisant autorité dans le droit international des droits de l’homme, il ressort des décisions de juridictions internationales comme la Cour européenne des droits de l’homme que le respect de l’égale dignité de tous constitue le fondement d’une société démocratique et pluraliste. La dignité de la personne fait donc partie des valeurs de nos sociétés dont elle constitue la structure morale de la vie publique et leur confère sa cohérence et sa stabilité.

Depuis plusieurs années, le principe de dignité humaine est régulièrement contesté alors même qu’il n’a jamais été autant invoqué. Les innovations de la science (notamment en matière génétique), l’essor de la mondialisation économique et financière, la « marchandisation » ou la réification des personnes (esclavage moderne, migrations économiques ou politiques), la sophistication des moyens de contraintes (plus seulement physiques, mais aussi mentaux et moraux) le remettent en cause. Pourtant, le philosophe Paul Ricœur relevait « une exigence plus vieille que toute formulation philosophique », qui a toujours été que « quelque chose est dû à l’être humain du seul fait qu’il est humain ».

Tout l’enjeu autour de la dignité est donc de parvenir à concilier ses deux dimensions fondamentales, la liberté de l’individu d’une part et la solidarité avec autrui d’autre part. La question de la dignité humaine doit être pensée comme une question sociale, elle engage ainsi à prendre en compte la justice sociale. Et l’enjeu social commande de prendre parfois des engagements politiques (et non politiciens) au sens grec du terme, « polis », le service de la cité, le service du bien commun.

Le recours au principe de dignité humaine nous provoque donc à tenir deux éléments en tension : d’une part, nous ne pouvons vivre en société, en faisant confiance aux institutions, que si nous savons que la dignité humaine constitue un principe fondateur, non conditionnel, de cette vie commune, d’autre part, au nom même du respect de cette dignité, nos sociétés assument leur statut pluraliste, nous attachons en effet une grande importance à la liberté de pensée.

Nous devons prendre acte du fait que nous ne disposons pas d’une définition exhaustive, ou d’une description intégrale, de la dignité humaine. Ce fait peut même être considéré positivement dans la mesure où il nous provoque, en tant que chrétiens, à travailler ensemble, avec d’autres, parfois très différents, et de manière continue, en vue de fonder la dignité et d’en déterminer les enjeux concrets aujourd’hui dans notre combat pour l’abolition de la torture et de la peine de mort.

Sylvie Bukhari-de Pontual
Présidente de la FIACAT

Notes

[1] Extraits du Préambule de la DUDH : « [...] la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde, [...] la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme. »

[2] Article 1er de la DUDH : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

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