Accueil du site > Archives > Préparer les ACAT aux nouveaux défis du 21e siècle

Préparer les ACAT aux nouveaux défis du 21e siècle

décembre 2005

Préparer les ACAT aux nouveaux défis du 21e siècle

Le contexte mondial de l’action des ACAT en ce début de siècle.

Nul besoin de rappeler l’étendue du phénomène tortionnaire aujourd’hui : pratique qui n’est pas uniquement le fait de quelques dirigeants dictatoriaux ou semi-dictatoriaux, mais qui est employée ou tolérée par de nombreux régimes plus ou moins « démocratiques ».

Des facteurs positifs

La dernière campagne mondiale contre la torture lancée en 2000 par Amnesty International a été l’occasion de donner de nouvelles impulsions à cette action, de redire l’actualité de notre combat. L’action commune des ACAT dans ce cadre - en direction des Eglises et communautés chrétiennes - représente un autre point positif.

Il était important que les communautés chrétiennes aient été impliquées dans cette campagne, et les ACAT y ont contribué, à travers des manifestations et des contacts divers. Des déclarations de responsables chrétiens de différentes confessions et à différents niveaux ont rappelé l’importance de l’engagement des chrétiens dans ce domaine et ont appelé ceux-ci à marquer, en particulier, la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, le 26 juin.

La collaboration entre organisations luttant contre la torture s’est intensifiée : une nouvelle coalition internationale, la CINAT, à laquelle participe la FIACAT, est née en 1999 et développe son action.

Lentement mais sûrement, les mécanismes internationaux de lutte contre la torture se renforcent. Chaque année, quelques Etats de plus ont ratifié la Convention des Nations Unies contre la torture. Si le rythme des ratifications peut paraître lent, on peut néanmoins se féliciter de leur augmentation. La lutte contre l’impunité connaît des avancées importantes, notamment avec la Cour pénale internationale : aucun tortionnaire n’est à l’abri de poursuites judiciaires.

Enfin, le projet de protocole facultatif à la Convention contre la torture, qui prévoit la mise en place au niveau international d’un mécanisme de visite des lieux de détention, a franchi une étape décisive de son histoire le 22 avril 2002, lors de son adoption par la Commission des droits de l’homme de l’ONU. Approuvée quelques mois plus tard par l’Assemblée générale des Nations Unies, elle est maintenant ouverte à la ratification des Etats.

La peine de mort est, elle aussi, encore très appliquée dans le monde, Mais le combat pour son abolition a connu des avancées. Des Etats ont déclaré un moratoire, d’autres ont aboli cette peine. Une Coalition mondiale contre la peine de mort a été créée, dont la FIACAT est membre du Comité de pilotage. Le Conseil de l’Europe, pour sa part, a adopté un nouveau protocole à la Convention européenne des droits de l’homme afin de supprimer les exceptions restantes à l’interdiction en toutes circonstances de la peine de mort.

Autant de progrès réalisés et dont nous pouvons nous réjouir.

Signes inquiétants

Depuis le 11 septembre 2001, la lutte contre le terrorisme et les questions de sécurité sont devenues prioritaires pour la plupart des gouvernements, comme pour les populations insécurisées. Les responsables de ces crimes terroristes doivent, bien évidemment, être poursuivis et punis selon la loi. Malheureusement, face à ce souci sécuritaire, la question du respect des droits de l’homme semble devenir secondaire pour la communauté internationale, surtout lorsqu’il s’agit du traitement de personnes « suspectes ».

L’interdiction absolue de la torture est ouvertement remise en cause par des commentateurs, en Amérique comme ailleurs, au nom de l’état d’exception provoqué par la menace terroriste. Dans ces conditions, c’est tout le mouvement pour les droits de l’homme qui risque de faire les frais de cette situation. Dans certains pays, les attentats du 11 septembre ont servi de prétexte pour faire de la sécurité une priorité absolue, voire un enjeu électoral décisif, pour avancer des thèses intolérantes et discriminatoires, pour renforcer des politiques restrictives à l’égard des demandeurs d’asiles. Certains régimes en profitent pour intensifier les mesures répressives à l’encontre d’opposants politiques.

La lutte contre la torture : une action de sensibilisation

Dans ces conditions, les ACAT doivent être particulièrement vigilantes, tant à l’égard des gouvernements que des réactions populaires. Même si la crainte généralisée d’un terrorisme à l’échelle mondiale ne facilite pas actuellement le travail de sensibilisation à l’interdiction absolue de la torture, les organisations de défense des droits de l’homme ne doivent pas rester à l’écart du débat sur ces questions.

Au contraire, elles doivent être prêtes à s’opposer systématiquement à tout discours qui légitimerait le non-respect des engagements des Etats en matière de droits de l’homme. Et, face aux remises en question de tels principes fondamentaux, il ne suffira pas de rappeler l’interdiction juridique de la torture : il faudra aussi argumenter, afin de convaincre.

Une responsabilité particulière auprès des communautés chrétiennes

Combien de chrétiens dans nos pays partagent l’obsession sécuritaire ambiante ? Combien d’entre eux, face à la menace terroriste, sont prêts à relativiser l’interdiction de la torture ? Notre mission nous appelle à interpeller les responsables de nos Eglises à ce sujet, en leur demandant de rappeler sans équivoque l’exigence évangélique du respect de la dignité humaine. Elle nous invite à être témoins auprès de toutes les communautés chrétiennes de cette exigence prioritaire.

Le réseau des ACAT et le rôle de la FIACAT

Le réseau continue de se développer : nouvelles affiliations, nouvelles ACAT et perspective de nouvelles ACAT (cf. liste ACAT jointe). La multiplication des ACAT est une évolution très positive, qui correspond à notre objectif fondamental de voir se mobiliser des chrétiens de toutes confessions à travers le monde dans la lutte contre la torture. Il nous faut néanmoins être conscients de la charge supplémentaire d’accompagnement que représente un tel développement.

Les besoins en accompagnement des ACAT sont également très divers car celles-ci n’agissent pas dans les mêmes conditions sociales, politiques et économiques.

La FIACAT cherche à répondre à ces besoins. Il ne s’agit pas seulement de répercuter des actions au niveau international ou de fournir un soutien en matériels de formation ou d’équipements de communication. Il lui est parfois demandé de venir en aide à des membres d’ACAT en danger, devant fuir leur région. Elle a dû répondre à des demandes de médiation lorsque des difficultés ont surgi au sein de certaines ACAT. Elle doit parfois aider des ACAT à affronter des situations exceptionnelles.

Lors de la session du Conseil international en décembre 2004, qui s’est tenu à l’occasion des 30 ans de l’ACAT à Paris, les ACAT ont réfléchi aux défis auxquels elles sont confrontées.

Dans un monde qui continue de torturer et s’en cache de moins en moins, y compris dans les pays où sont nés les droits humains, les ACAT et la FIACAT doivent :

-  Comprendre ce qui se passe dans le monde d’aujourd’hui, comprendre ce qui a changé depuis le temps de leur création il y a 30, 20 ou 10 ans ;

-  Adapter l’argumentaire et les actions pour l’abolition de la torture et de la peine de mort ;

-  Rendre plus crédible et fort leur engagement (comme mouvement oecuménique de lutte contre la torture et la peine de mort) dans les milieux chrétiens ;

-  Rendre plus crédible et fort leur engagement en tant que mouvement chrétien de lutte contre la torture et les exécutions capitales.


Qui sommes nous ?
Equipe
Réseau des ACAT
Statuts
Finances
Comprendre
La torture
La peine de mort
Les disparitions forcées
La justice internationale
Instances internationales
Position des Eglises
Tableau des ratifications par pays
Frise chronologique
Cartographies
Agir
Auprès des instances internationales
Avec les Coalitions
Formations
Comment agir ?
S’informer
Rapports d’activités
Rapports
Le bulletin ’Fiacat Info’
Ressources documentaires
Ressources théologiques
Liens
Espace Presse

Contact - Liens
FIACAT - 27, rue de Maubeuge - 75009 Paris — France - Tél.: +33 (0)1 42 80 01 60 - Réalisation site : Epistrophe