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Point 9 de l’agenda : Question des violations des droits de l’Homme et des libertés fondamentales où qu’elles se produisent dans le monde

janvier 2001

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Déclaration écrite de la FI.ACAT

Point 9 de l’agenda : Question des violations des droits de l’Homme et des libertés fondamentales où qu’elles se produisent dans le monde

57ème Session de la Commission des droits de l’Homme des Nations Unies
(19 mars - 27 avril 2001)

Rétablir la paix en Tchétchénie et dans l’archipel des Moluques

La FI.ACAT souhaite attirer l’attention de la Commission sur les violations massives et systématiques de droits humains perpétrées en Tchétchénie et dans les îles Moluques à l’occasion de conflits armés, et dont les populations civiles sont les premières victimes.

Situation des droits humains en Tchétchénie

Depuis plus de l4 mois, les autorités russes mènent contre le peuple tchétchène une nouvelle guerre sanglante qui d’après le Président tchétchène Aslan Maskhadov aurait déjà fait plus de 40 000 tués dans la population civile.

L’organisation "les Mères de soldats de Saint-Pétersbourg", créée pour lutter contre les sévices subis à l’armée par des jeunes conscrits de la part de leurs supérieurs et des camarades plus anciens, a soumis à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe des documents accablants sur " les violations des droits de la population civile, des prisonniers et des soldats au cours de l’opération militaire dans la République tchétchène pendant la période automne 1999 - février 2000 ".

Il en résulte que, d’après les témoignages même de soldats et de sous officiers de l’armée russe, le commandement russe, au mépris de toutes les conventions internationales, encourage ses troupes à un comportement criminel qui n’épargne ni les combattants ni les populations civiles.

Même terrés dans les caves, les civils ne sont pas en sécurité car on lâche du gaz toxique pour faire sortir des combattants tchétchènes. Dans la gorge d’Argunsk, l’armée a lâché des bombes à fragmentation sur les villageois. Des centaines de villages dans tout le pays furent détruits, des missiles " sol-sol " écrasèrent la maternité centrale de Grozny, la mosquée de Kalinine et le marché central où plus de 280 personnes furent tuées.

Des colonnes de réfugiés et des hôpitaux furent aussi pris pour cibles. Les " ratissages " n’ont épargné ni les femmes, ni les enfants ni les vieillards. La capitale Grozny, une ville de 450 000 habitants, fut complètement détruite.

Au vu de cette situation la FI.ACAT demande à la commission des droits de l’Homme :

-  De condamner sans équivoque les violations massives et systématiques des droits humains en Tchétchénie ;

-  De mettre en place une commission internationale et indépendante d’enquête sur les exactions commises en Tchétchénie, et non pas uniquement une commission nationale comme elle l’avait demandé lors de sa dernière session (résolution 2000/58),

-  De recommander au gouvernement russe de s’engager sans équivoque dans la mise en oeuvre de mesures indispensables au rétablissement de la paix, en particulier :

• D’accepter un arrêt immédiat des combats et le retrait de ses troupes du territoire tchétchène,
• De déférer à la justice les auteurs présumés des violations (ce que n’ont toujours pas fait la Commission publique nationale et le Bureau du représentant spécial du Président russe chargé des droits humains en Tchétchénie),
• Et de s’engager fermement dans les négociations de paix, amorcées dans le protocole signé avec les représentants indépendantistes du pouvoir tchétchène le 23 décembre 2000.

Situation des droits humains dans l’archipel des Moluques

La construction de la démocratie en Indonésie rencontre de sérieux obstacles. Même si le gouvernement dirigé par Mr Wahid prend des décisions importantes pour mettre fin aux pratiques de corruption, collusion et népotisme, il reste à faire de considérables progrès en matière de droits de l’Homme.

La situation dans les îles des Moluques est un exemple consternant. Depuis janvier 1999, le conflit qui oppose chrétiens et musulmans s’est dramatiquement envenimé surtout depuis l’arrivée au printemps 2000 de combattants armés et entraînés du Jihad (appelés Laskar Jihad) majoritairement javanais.

Soi disant venus pour protéger leurs frères musulmans en danger, ces musulmans radicaux ont transformé le conflit moluquois en une campagne de " nettoyage religieux ". Les cas de conversion forcée à l’islam ne cessent de se multiplier. Selon des sources chrétiennes locales, 5000 nouveaux convertis à l’islam viennent d’être identifiés dans le district de Tehoru à l’est de l’île de Seram. Tous sont issus d’une communauté laissée pour morte quelques mois auparavant lors d’une série d’attaques par les milices musulmanes. Ils ont été forcés de changer de religion pour sauver leurs vies !

Plus au nord, sur l’île de Halmahera, plusieurs douzaines de chrétiens réfugiés en provenance du village de Duma ont été transportés sur l’île musulmane voisine de Tidore. Là, sous la contrainte, des femmes ont été mariées à des musulmans et des hommes circoncis. Mi décembre 2000, le gouverneur Mr Saleh Latuconsina a lui-même reconnu devant la presse - au sujet des îles de Keswui et Teor - que l’on ne pouvait plus nier qu’elles aient subi une islamisation forcée.

Les efforts du gouvernement indonésien pour rétablir l’ordre et entamer un dialogue entre chrétiens et musulmans n’ont pas été suffisants pour mettre fin aux combats ni aux violences subies quotidiennement par les habitants des Moluques : déjà 4000 innocents sont morts et 500 000 autres sont des réfugiés qui ont tout perdu.

Comme le crie le Pasteur Jacky Manuputty, " depuis deux ans, nous subissons des destructions physiques, mentales, sociales et économiques. Mais le plus douloureux de tout est de savoir que nous verrons la destruction des générations futures ".

Déplorant cette situation, la FI.ACAT appelle la Commission à exhorter le gouvernement indonésien à prendre toutes les mesures nécessaires :

-  Pour rapatrier tous les combattants externes aux Moluques,

-  Pour mieux contrôler l’armée et la police présentes dans ces îles, et garantir à la population des forces de l’ordre présentes pour assurer leur sécurité et non pour soutenir l’une ou l’autre des communautés,

-  Pour assurer la protection et la sécurité des réfugiés,

-  Pour rechercher les instigateurs des violences, les coupables des massacres et les juger.

Solidaire des efforts de paix locaux, la FI.ACAT demande à la Commission qu’elle incite le gouvernement indonésien à soutenir la campagne nationale menée par les responsables musulmans et chrétiens des Moluques qui vise entre autres à :

-  Etablir des zones neutres à Ambon où musulmans et chrétiens pourraient se rencontrer paisiblement,

-  Mettre sur pied une commission vérité et réconciliation, dont les buts incluraient de trouver les racines du conflit.

11 janvier 2001


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