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Message du Pasteur Samuel Kobia, Secrétaire général Conseil œcuménique des Eglises à l’occasion du trentième anniversaire de l’ACAT - 3 décembre 2004

mars 2006

Message du Pasteur Samuel Kobia, Secrétaire général Conseil œcuménique des Eglises à l’occasion du trentième anniversaire de l’ACAT

3 et 4 décembre 2004 (...)

Depuis sa création, le COE a toujours condamné sans aucune ambiguïté la pratique de la torture en se fondant sur l’affirmation de l’Evangile que les humains sont précieux aux yeux de Dieu, sur l’œuvre de pénitence et de rédemption accomplie par le Christ, qui a donné à la personne humaine son authentique dignité, et sur la conviction que l’amour doit inspirer nos actions.

Lors de la Ve Assemblée du COE à Nairobi, en 1975, la question des graves violations du droit des personnes à la dignité, au nombre desquelles figure la torture, ont été longuement évoqués et des positions très fermes ont été prises par toutes nos Eglises membres à cette occasion.

Dans la même optique, le Comité central du COE de 1977 s’est longuement penché sur les graves conséquences de la pratique de la torture et a affirmé ce qui suit : « Aujourd’hui, nous sommes soumis au jugement de Dieu, car au cours de notre génération l’obscurité, l’horreur et l’inhumanité des chambres de tortures sont devenues des réalités plus fréquentes et plus atroces qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire.

Aucune pratique humaine n’est aussi abominable ni aussi généralement condamnée. Pourtant, la torture mentale et physique et d’autres formes de traitements cruels et inhumains sont appliquées systématiquement dans de nombreux pays, et rares sont ceux qui peuvent prétendre qu’elles leur sont étrangères. »

Malgré les progrès accomplis récemment dans le domaine des droits de la personne, la torture continue à être pratiquée. En fait, depuis que les attentats commis à New York le 11 septembre 2001 ont suscité le renforcement des lois contre le terrorisme, les cas de torture ont augmenté. Dans certaines sociétés on a même reconnu le caractère légal de cette pratique, avec pour conséquence l’impunité de ceux qui s’y livrent.

Le droit international interdit clairement et absolument la pratique de la torture en toute circonstance. Voici ce que dit à ce sujet l’article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. » Pourtant, en dépit de cette condamnation universelle, les tortures continuent à infliger des souffrances physiques et mentales à d’innombrables victimes et à leurs familles.

Dans le monde entier, l’opinion a été atterrée par les cas de torture et de mauvais traitement des prisonniers de la prison d’Abou Ghraïb en Irak. Ces images de prisonniers sans défense soumis à des traitements dégradants, parfois d’ordre sexuel, ont choqué tout le monde civilisé. Le récent rapport de la Croix Rouge internationale sur les mauvais traitements et les tortures infligés aux prisonniers de Guantanamo a accru les doutes des défenseurs des droits de la personne quant à la volonté de certains gouvernements d’interdire ces pratiques. Du Darfour nous proviennent de nombreux rapports faisant état de l’usage de la torture pour extorquer des aveux ainsi que de brutalités commises par les Janjawid et les forces de sécurité à l’égard des civils.

Pour empêcher ces actes condamnables, il est indispensable que les responsables soient traduits en justice. Ce principe devrait être appliqué systématiquement, quelles que soient la nationalité ou la position des personnes impliquées. Les gouvernements doivent s’engager à punir les gens accusés de ces crimes ou à les extrader vers un pays où ils seront jugés de manière équitable.

Le COE prie instamment ses Eglises membres et tous les chrétiens :

- De s’efforcer de veiller à ce que les gouvernements de leurs pays respectent les dispositions internationales en matière de prévention de la torture ;
- D’exprimer leur solidarité avec les Eglises et les populations qui luttent pour que ces dispositions soient respectées strictement dans leurs pays ;
- D’encourager toutes les initiatives en vue d’élaborer une stratégie internationale pour lutter contre la torture et créer des mécanismes en vue d’abolir cette pratique ;
- De s’efforcer d’avoir accès aux centres de détention et d’interrogation pour s’assurer que les personnes qui s’y trouvent ne soient pas soumises à de mauvais traitements.

Le Conseil œcuménique des Eglises salue le travail accompli par des organisations comme la FIACAT (Fédération internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) et est fier de participer à cet effort collectif pour interdire la torture.

En tant que chrétiens, nous sommes appelés à participer à la mission de Dieu pour la justice et la paix et le respect de la dignité de toutes les personnes. L’Esprit éclaire nos cœurs aujourd’hui et nous fait discerner le don divin de la dignité dans chaque personne et son droit imprescriptible à avoir sa place dans la communauté, sans devoir subir la crainte, la violence et/ou la torture.

Rappelons-nous la volonté exprimée lors de l’Assemblée du COE à Vancouver « d’œuvrer avec une détermination toujours croissante à l’élimination de toutes les formes d’inhumanité, de brutalité, de discrimination, de persécution et d’oppression. »

Nous prions pour que nos efforts conjoints aboutissent rapidement à l’élimination de ce mal que constitue la torture. Gardons aussi au cœur de nos prières, chaque jour, toutes les victimes anonymes, Dieu connaît chacune d’elle par son nom. »


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