Mary Robinson

janvier 2004

Mary Robinson
Ancienne présidente de la république d’Irlande

« Je n’accepte pas qu’une mort en justifie une autre »

Europe

Sans demi-mesure

Dans l’univers policé de la diplomatie internationale, Mary Robinson détonne.

Malgré les pressions internationales, l’ancienne haut-commissaire aux Nations Unies, a fait entendre sa voix abolitionniste jusqu’au bout de son mandat. « J’ai la plus sincère compassion pour les familles victimes de meurtre mais je n’accepte pas qu’une mort en justifie une autre. » Mary Robinson n’a jamais eu peur des mots.

Peur d’exprimer publiquement son aversion pour la peine de mort. Une franchise plutôt rare dans l’univers feutré des diplomates internationaux. Et qui lui a coûté cher. Haut-commissaire des Nations Unis aux Droits de l’Homme, cette femme de caractère, mère de trois enfants et ancienne présidente de l’Irlande, a quitté son poste en septembre 2002. Plus exactement son mandat n’a pas été renouvelé par Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU. L’« éviction » a arrangé beaucoup de monde.

La Chine et la Russie où cette avocate de 59 ans a souvent dénoncé les violations des Droits de l’Homme. Sans oublier la Maison Blanche. « Dans cette affaire la question de la peine de mort est centrale, confessait récemment l’un de ses proches conseillers à un quotidien irlandais.

L’Union européenne et Mary Robinson n’ont cessé de dire aux États-Unis qu’ils désapprouvaient cette pratique et qu’ils souhaitaient la voir cesser. »

En juin 2000, Madame, la Haut-commissaire écrit ainsi à un certain George. W. Bush, gouverneur du Texas une lettre salée à mille lieux de la traditionnelle prudence onusienne : « J’estime que l’exécution de M. Graham, martèle l’ancienne diplômée de Harvard, va à l’encontre des principes internationaux largement acceptés et du désir de la communauté internationale de voir abolir la peine de mort. »

L’homme, un noir américain de 36 ans, venait de mourir pour avoir commis un crime avant sa majorité. Une sentence qui bafouait la convention relative aux Droits de l’Enfant, signée en 1995 par les États-Unis. Signée mais pas ratifiée, donc sans effet sur le sol américain. Ce qui ne l’a pas empêché de rappeler la première puissance à son devoir : « ne rien faire qui aille à l’encontre de l’esprit et de l’objectif du traité. » Clair et net. Fermez le ban.

« J’ai exercé ma mission de la manière la plus constructive possible, la plus diplomatique possible, expliquait Mary Robinson, au lendemain de son départ forcé. Mais dans certaines circonstances, il faut qu’une voix s’élève aux Nations Unies. »

Son successeur fut Sergio Viera de Mello, assassiné récemment en Irak. Mary Robinson fut, en tout cas, le premier commissaire aux droits de l’homme à porter haut et fort la revendication de l’abolition à l’ONU, inaugurant un long combat diplomatique dans des enceintes encore a convaincre.

Christelle Pangrazzi


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