Intervention de Milos Rejchrt
Table ronde

2000

Intervention de Milos Rejchrt
Table Ronde

A Prague il n’y a pas d’ACAT. Pourquoi ? La réponse ne peut être que très approximative. Il se peut que nous, dans les pays ex-communistes, soyons encore trop préoccupés par nous- mêmes. Nous nous trouvons en effet confrontés à des phénomènes auxquels nous n’étions pas préparés : la nouvelle pauvreté, le chômage, le vampirisme des nouveaux riches, la reconversion des anciens cadres du Parti Communiste en capitalistes purs et durs.

Peut-être faut-il un certain niveau de stabilité sociale afin que les citoyens, les chrétiens y compris, commencent à sentir la proximité du prochain éloigné. Peut-être nous faut-il aussi un certain temps pour le double travail de mémoire et de deuil dont nous a parlé avant-hier Paul Ricoeur.

Une analogie, peut-être trompeuse, s’impose : il aurait été trop tôt de vouloir mettre sur pied une ACAT en Allemagne en 1956. Je vous prie donc de patienter un peu et dans cette attente je vous propose un stratagème : détectez de jeunes chrétiens tchèques, qui font leurs études ou leur stage dans les pays où les ACAT sont bien implantées, invitez-les, permettez-leur de respirer l’ambiance de solidarité et de fraternité de vos réunions, initiez-les à votre travail. L’expérience directe vaut beaucoup mieux que les informations reçues de seconde main.

Que faire dans nos églises pour sensibiliser nos fidèles au problème de la torture ?

Réaliste, comme j’ai appris à l’être, je propose d’expliquer aux gens que les interventions par appels urgents sont efficaces et, qu’à la suite des interventions, dans beaucoup de cas les victimes sont mieux traitées qu’avant. Il est vrai que l’Evangile nous invite à agir bien à partir de la promesse et non en vue d’un succès immédiat, mais nous avons tout simplement besoin de voir de temps en temps que ce que nous faisons pour l’autre n’a pas uniquement un sens eschatologique mais un effet presque immédiat. Il nous faut les témoignages des gens que les ACAT ont secourus.

Enfin et surtout, il faut prêcher en premier lieu la miséricorde comme une composante fort importante de l’Evangile. La motivation qui nous conduit à nous occuper de nos prochains dont la dignité est bafouée n’est pas un principe abstrait mais bien la miséricorde, cette émotion dont Lévinas dit qu’elle est commune à l’Homme et à Dieu : l’Eternel est "rechamim" en hébreux, son "rechem", littéralement ’utérus féminin’, se met en mouvement, en émoi, quand il voit sa créature en détresse. De la même façon, les entrailles - ta splanchna - du bon samaritain se sont mises en mouvement - esplanchnisthé - quand il a vu un blessé au bord de la route. Ce mouvement de miséricorde, ce mouvement insondable qui est commun au Dieu de toute miséricorde et à toute personne humaine, il faut le prêcher patiemment et sans cesse.

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