FIACAT’s oral statement on Cameroon, HRC 10

March 2009

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CONSEIL DES DROITS DE L HOMME
Dixième session – Item 4

Déclaration orale présentée par la Fédération Internationale de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (FIACAT), organisation non gouvernementale dotée du statut consultatif spécial et l’ACAT Cameroun, membre de son réseau.

Délivrée par Nathalie Jeannin, Représentante de la FIACAT auprès des Nations unies

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

La Fédération Internationale de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture-FIACAT et l’ACAT Cameroun souhaitent porter à l’attention du Conseil les graves violations des droits de l’homme recensées lors des événements de fin février 2008 au Cameroun.

Au moins 139 personnes ont perdu la vie après avoir été touchées par balles ou à la suite de bastonnades, piétinements et noyades.

Certains manifestants, délibérément ciblés par les forces de l’ordre, ont été exécutés alors qu‘ils auraient pu être arrêtés. D’autres ont été exécutés à bout portant alors qu’il n’y avait aucune émeute ni mouvement de foule à proximité. Il semblerait qu’il s’agisse d’exécutions sommaires destinées à punir la population ou à punir des individus en particulier.

Près de 3 000 arrestations parmi la population civile, dont un certain nombre de mineurs, ont été enregistrées. La majorité des personnes interpellées l’ont été arbitrairement, en groupes, au cours de rafles dans la rue.
Alors que la justice camerounaise est connue pour sa lenteur, les procédures judiciaires engagées à l’encontre des présumés émeutiers de février 2008 ont été rapidement mises en œuvre au cours d’audiences spéciales. Les prévenus, amenés par groupes d’environ 5 à 10 personnes, ont été, pour certains, présentés à la justice à peine quelques heures après leur arrestation. Certaines audiences ne dépassaient pas cinq minutes, violant ainsi plusieurs dispositions du Code de procédure pénale camerounais, et mettant à mal les droits de la défense et les principes du débat contradictoire ainsi que de la présomption d’innocence.

Des actes de pillage ont été commis par les manifestants et les forces de sécurité ; des traitements cruels, inhumains ou dégradants, de nombreux actes d’intimidation et de harcèlement ont été commis à l’encontre de membres de l’opposition politique, de journalistes et de défenseurs des droits de l’Homme.

Aucun élément des forces de sécurité suspecté d’avoir commis ces graves violations des droits de l’homme n’a fait l’objet de sanctions ni de poursuites judiciaires. Aucune commission d’enquête n’a été constituée afin d’établir la vérité sur ces quatre journées de violences.

La FIACAT et l’ACAT Cameroun souhaitent alerter le Conseil des Droits de l’homme sur la précarité de la stabilité du Cameroun. La possibilité de nouveaux troubles et de répression demeure réelle, notamment à l’approche des élections présidentielles de 2011. Le respect des droits de l’homme et la lutte contre l’impunité sont indispensables à la construction d’un avenir plus stable au Cameroun.
Merci.

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