Déclaration orale sur la RDC

janvier 2000

Déclaration orale de la FI.ACAT 56 ème session de la Commission des Droits de l’Homme

Point 11 a de l’ordre du jour

Avril 2000

Monsieur le Président,

Je prends la parole au nom de la FI.ACAT (Fédération Internationale de l’Action des Chrétiens pour l’abolition de la Torture), qui est très préoccupée par la situation de torture et de détention arbitraire qui prévaut en République Démocratique du Congo.

En effet, Monsieur le Président, la situation de guerre à laquelle la RDC se trouve confrontée a entraîné des atrocités commises à l’endroit des populations aussi bien dans la partie sous contrôle gouvernemental que dans les territoires occupés par les troupes étrangères (burundaises, ougandaises et rwandaises) alliées aux rebelles.

Dans la partie sous contrôle gouvernemental, de nombreux militants des droits de l’homme, des journalistes, des pasteurs, des responsables de partis politiques, anciens militaires de FAZ (Forces armées zaïroises) ont été arbitrairement arrêtés et détenus sans jugement.

C’est le cas de Christophe BINTU et de Bienvenu KASOL, arrêtés le 12 janvier 1999 à Kinshasa. D’autres ont été soumis à des actes de torture dans les lieux de détention des services de sécurité, notamment du Groupe spécial de sécurité présidentielle, parmi lesquels Stéphane IBANGA et Mutwa NGWEFA, arrêtés le 17 mai 1999 à Kinshasa.

Dans la partie du territoire congolais occupée par les troupes étrangères alliées aux rebelles, la pratique de la torture et des arrestations arbitraires est encore plus révoltante. De nombreuses personnes ont été arrêtées et gardées dans des lieux de détention clandestins qui ne sont autres, le plus souvent, que les résidences des officiers de troupes étrangères. C’est le cas de Philly KOMPANYI, détenu au mois de mai dans la résidence de l’officier de renseignements rwandais à Bukavu.

La pratique de la torture revêt, elle aussi, un caractère extrêmement grave. Madame Yvonne MULASHE, de Kadutu, à Bukavu, a vu arracher le bout de son sein gauche au coupe-ongles par les militaires, le 3 février 2000, pour obtenir d’elle des aveux. Certaines tortures ont même entraîné la mort de leurs victimes, notamment celle de Monsieur SHOMBA, du territoire de Lodja, en avril 1999, et celle de Monsieur LUMBU-LUMBU, de Butembo, en décembre 1999. Ils sont décédés après avoir été battus et torturés respectivement par les militaires rwandais et ougandais.

Face à ces atrocités, la FI.ACAT demande à la Commission des Droits de l’Homme de condamner ces pratiques qui portent atteinte à la dignité humaine et d’exiger des parties en conflit le respect de l’intégrité physique et morale des personnes arrêtées.

Pour la FI.ACAT : Georges Bahaya M.

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