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[Communiqué] Arrestation irrégulière du journaliste Bob Rugurika au Burundi : La FIACAT et l’ACAT Burundi demandent sa libération immédiate

janvier 2015

Paris, Bujumbura, le 28 janvier 2015 – La FIACAT et l’ACAT Burundi dénoncent l’incarcération d’un journaliste burundais, arrêté pour avoir divulgué, lors d’une de ses émissions, des informations sur l’assassinat de trois religieuses italiennes le 7 septembre 2014 à Kamenge et demandent sa libération immédiate.

Monsieur Bob Rugurika, journaliste et Directeur de la Radio Publique Africaine (RPA), a été arrêté le 20 janvier dernier par les autorités burundaises. En cause, une série de reportages sur le meurtre de trois religieuses italiennes perpétrés le 7 septembre 2014 à Kamenge au Burundi. Un individu souffrant de déficience mentale avait déjà été arrêté et inculpé dans le cadre de l’enquête sur cet assassinat, mais les reportages diffusés sur la RPA contenaient le témoignage d’une autre personne qui admettait avoir participé à cet assassinat ; elle y révélait les noms des coauteurs et commanditaires de l’assassinat, parmi lesquels se trouvaient de hauts responsables des services de renseignement et de la police burundais.

Le mandat d’arrêt délivré le 19 janvier 2015 à l’encontre de Monsieur Rugurika se fonde sur trois motifs.

Tout d’abord, la complicité d’assassinat qui, pour être constituée, doit comporter un acte matériel, distinct de celui de l’assassinat et devant être accompli antérieurement ou concomitamment à l’assassinat. Or la diffusion des reportages à la RPA ont eu lieu plusieurs mois après l’assassinat des trois sœurs. Il n’est donc établi aucun acte de la part de Monsieur Rugurika qui aurait été commis avant ou au même moment que l’assassinat des trois sœurs.

Ensuite, la violation du secret de l’instruction qui, selon le droit pénal burundais, réside dans le fait de dévoiler à des personnes susceptibles d’être impliquées dans une infraction des informations issues d’une enquête ou d’une instruction en cours dont on aurait eu connaissance en raison de ses fonctions et ce, dans le but d’entraver le déroulement des investigations ou la manifestation de la vérité. Cette infraction ne peut être retenue à l’encontre du Directeur de la RPA puisqu’il n’exerce pas de fonctions reconnues par le Code de procédure pénale et n’a pas livré au public des informations tirées de l’enquête policière ou de l’instruction.

Enfin, le manquement à la solidarité publique qui, d’après la législation burundaise, est considéré comme le fait d’avoir eu connaissance d’une infraction déjà tentée ou consommée et de ne pas avoir averti les autorités publiques alors qu’il était encore possible d’en prévenir ou d’en limiter les effets. Là encore, cette infraction n’est pas recevable puisque les reportages ont été diffusés après l’assassinat des trois religieuses.

La FIACAT et l’ACAT Burundi demandent donc :

  • La libération immédiate de Monsieur Rugurika au motif que son arrestation est dépourvue de toute base légale comme l’ont relevé ses avocats lors de l’audience préliminaire ;
  • Qu’une enquête juste et impartiale soit ouverte concernant l’assassinat des trois religieuses.

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