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COLOMBIE : Dans l’enfer des prisons

septembre 2012

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Ces dernières années en Colombie, le taux d’incarcération a considérablement augmenté et les conditions de détention se sont détériorées. La population carcérale souffre de graves atteintes aux droits de l’homme et à la dignité.

105 000 détenus se massent dans les 144 prisons du pays (dont 62 pour femmes), contre 50 000 en 2002 et 80 000 en 2010. Le taux d’incarcération augmente de 1,7 % par mois tandis que les libérations ne font que décroître.

D’une manière générale, les personnes détenues souffrent de la surpopulation carcérale, de conditions d’hygiène insalubres propices à la propagation de maladies (tuberculose, lèpre, hépatites, V.I.H., etc.) et aux intoxications alimentaires, d’un manque d’accès à l’eau potable et aux soins, de l’absence d’activités socio-éducatives et de formation.

S’ajoutent à cela tortures et mauvais traitements par le personnel de l’Institut national pénitentiaire et carcéral (INPEC) et certains directeurs des centres de réclusion et membres de l’armée. Punitions collectives (restrictions d’accès au téléphone, aux cellules, à l’électricité, à la nourriture, à l’eau potable), isolement, pression sur les proches en visite, simulacres d’exécution, passages à tabac, mise à nu, placement dans la position du « scorpion » (pieds et poings menottés), aspersion de gaz lacrymogène, agressions sexuelles et asphyxie comptent parmi les pratiques les plus courantes

- « Nouvelle culture pénitentiaire »
Depuis 2000, dans le cadre du Plan Colombie (accord avec les États-Unis pour la lutte contre le narcotrafic), 11 Établissements de réclusion de l’ordre national (ERON) s’inspirant du modèle des prisons américaines de haute sécurité ont vu le jour. Si ces centres sont moins concernés par le surpeuplement, ils cumulent les autres problèmes susmentionnés et contribuent à une plus grande déshumanisation (isolement systématique, restriction des promenades et visites).

- Les prisonniers politiques
Le sort réservé aux quelque 8 000 prisonniers politiques est dramatique. Il s’agit de guérilleros, de défenseurs des droits de l’homme ou de militants accusés d’insurrection ou d’infractions pénales et de personnes sans engagement particulier mais qui, pour servir la politique du chiffre, sont taxées de rébellion.
Le conflit armé se transpose dans les prisons. Beaucoup d’établissements sont dirigés par des militaires à la retraite qui voient dans les détenus politiques des ennemis jurés. Ils sont régulièrement agressés par des paramilitaires incarcérés bénéficiant du soutien des gardiens.
Officiellement pour les protéger, en réalité pour les punir, l’administration pénitentiaire les met alors à l’isolement. Les guérilleros, qui arrivent souvent blessés, ne sont pas soignés.

- La nouvelle prison de Valledupar
La prison de moyenne et haute sécurité de Valledupar dans l’État de César (au nord, côté atlantique) est l’exemple type de la « nouvelle culture pénitentiaire ». Elle présente les pires conditions de détention du pays.
Créée en 2000, il s’agit d’un bloc de ciment soumis à une température moyenne de 40 degrés. Les 1 400 détenus n’ont accès à l’eau potable qu’une demi-heure par jour en moyenne et seuls les premiers étages sont desservis, ce qui engendre des violences entre détenus. Les salles de douche et les toilettes sont totalement insalubres à tel point que le gouvernement a dû organiser des évacuations temporaires pour limiter les contagions. Depuis 2011, des détenus protestent et ont notamment subi, en rétorsion, des restrictions plus sévères encore en eau potable, des aspersions de gaz lacrymogène pendant leur sommeil et des coups.

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