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Bosnie – Herzégovine : Les exclus de la République

février 2011

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Imad El Houssine est enfermé depuis plus de deux ans dans le centre de rétention pour étrangers de Lukavica. En 2009, il témoignait : «  Chaque mois, ma détention est prolongée au prétexte que je représente une menace pour la sécurité. Cela fait maintenant huit mois que j’ai été enlevé à ma famille et à mon épouse […] Dois-je attendre jusqu’à l’année prochaine, sans jugement, sans décision de justice ni d’action à mon encontre ?  »

Arrivé de Syrie en ex-Yougoslavie en 1983 pour étudier la médecine, il s’est enrôlé dans l’armée de Bosnie-Herzégovine en 1992, s’est marié à une Bosniaque en 1993 et a obtenu la nationalité bosniaque en 1994.

Déchu de sa nationalité bosniaque, il a été placé en rétention en octobre 2008, en attendant son éventuel renvoi vers la Syrie, malgré deux décisions de la Cour européenne des droits de l’homme et de la Cour constitutionnelle bosniaque demandant de surseoir à toute mesure visant à son expulsion.

Comme Imad El Houssine, de nombreux ressortissants de pays arabo-musulmans sont venus prêter main forte aux musulmans de Bosnie pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Ils ont été intégrés dans l’armée ou ont rejoint des associations humanitaires, ont obtenu la nationalité bosniaque et, pour beaucoup, se sont mariés et ont construit leur vie dans ce pays. Considérés comme des islamistes, ils sont aujourd’hui devenus des indésirables.

En 2005, les autorités du pays ont promulgué une loi qui prévoit d’examiner les modalités d’obtention de la nationalité bosniaque pour tous ceux qui l’auraient acquise entre avril 1992 et 2006. A ce jour, plus de 400 ressortissants bosniaques dont deux tiers d’origine algérienne, égyptienne, jordanienne, soudanaise, syrienne, tunisienne ou turque, se sont vus déchus de leur nationalité au motif qu’ils pourraient représenter une menace pour la sécurité.

Beaucoup craignent des persécutions en cas de retour dans leur pays d’origine. Ainsi, tous les Tunisiens ayant fait un séjour en Bosnie ont été immédiatement torturés et incarcérés à leur retour en Tunisie. Leurs démarches pour demander l’asile ou un droit de séjour en Bosnie se sont toutes heurtées à un refus. Des dizaines d’entre eux ont alors fui la Bosnie pour tenter de trouver refuge ailleurs en Europe.

Ceux restés en Bosnie se terrent. Plusieurs ont été arrêtés et placés en rétention dans l’attente d’une expulsion. Trois d’entre eux ont déjà été renvoyés vers l’Algérie et Bahreïn. Six autres sont encore enfermés dans le centre pour étrangers de Lukavica : Imad El Houssine mais aussi Omar Frendi et Noureddine Gaci, d’Algérie, Ammar El Hanchi, de Tunisie, et Zyed Gertani et Fadhil Hamdani, d’Irak.

Ils sont soumis, de facto, à une privation de liberté illimitée.

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