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Ari Vatanen, député européen

janvier 2004

Ari Vatanen
Député européen

« La vie n’a pas de prix »

Europe

Roue libre

Coureur automobile de renom, Ari Vatanen a aujourd’hui fait le pari de la vie. Député européen depuis 1999 et abolitionniste convaincu, il prône un discours de tolérance envers les pro-peine de mort.

Assis sur un talus, un gamin de douze ans regarde passer les voitures. En 1964, les rallyes sont plutôt rares à Tuupovaara, petite bourgade à l’est de la Finlande. Dérapage contrôlé, accélération, sortie de virage… Le blondinet n’en rate pas une miette. Il tient son rêve. Si fermement d’ailleurs que quarante ans plus tard, son nom, celui d’Ari Vatanen résonne sur les circuits du monde entier : quadruple vainqueur du Paris-Dakar, Champion du monde rallyes, coupe du monde du Rallye Raid. Sa passion d’enfance assouvie, il ne lui reste plus qu’à réaliser son rêve d’homme : voir un jour disparaître la peine de mort. La cause le hante depuis des années.

À huit ans, Ari Vatanen a perdu son père dans un accident de voiture : « Quand j’ai pu dépasser cette douleur immense, j’ai compris le prix inestimable de l’existence ».

En 1999, au sommet de sa popularité, il troque sa combinaison de coureur pour l’honorable costume de député européen. Et s’engage sur un programme simple : « La vie n’a pas de prix ». Lui, qui tant de fois a risqué la sienne, veut désormais sauver celle des autres. « Derrière ma visière, j’ai vu défiler la misère et la souffrance. J’ai vu la mort aussi. La détresse que j’ai ressentie n’a fait que renforcer ma certitude : chaque homme est unique.

Personne n’a le droit de décider de sa mort. » Croyant convaincu, ce père de quatre enfants place l’être humain au centre de toutes ses préoccupations. Quitte à faire parfois le grand écart sur l’échiquier politique. Hostile à l’avortement et à l’euthanasie, Ari pense dans le même temps que la peine de mort est une hérésie qu’il faut combattre… pacifiquement. « C’est en essayant de comprendre les arguments des pro-peine de mort que nous arriverons à les faire changer d’avis et non en les méprisant. »

Dans le milieu abolitionniste, le discours choque encore les adeptes de la manière forte : ceux qui préfèrent crier plus fort que leurs adversaires. Mais le député, lui, ne vacille pas. Il sait qu’une voix mâtinée de bienveillance porte plus loin, plus fort. Exit les loups et ceux qui hurlent avec eux. L’homme opte pour la retenue et les actions discrètes.

Au Paris-Dakar 2003, Ari Vatanen et les amis qui ont répondu à l’appel : Schlesser, Peterhansel, Arcarons, Metge et Shinozuka ont roulé en arborant le logo « no death penalty ».

L’événement n’a pas fait la une de la presse internationale mais sur place il a eu un fort impact. Puisque les coureurs ont traversé la Libye, l’Égypte et la Tunisie, trois pays qui appliquent encore la peine capitale.

« C’est une goutte d’eau, reconnaît l’ancien coureur, mais si elle a pu alimenter la vague des débats au sein de ces pays, c’est déjà une victoire. » Christelle Pangrazzi


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