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Appel du mois - Mars 2008 - Libye

mars 2008

Libye

Traitements inhumains en détention

La situation des droits de l’homme n’a guère évolué en Libye depuis la libération spectaculaire des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien, emprisonnés dans des conditions effroyables pendant plus de sept ans, et condamnés à mort suite à des aveux obtenus sous la torture. Les sévices et mauvais traitements que les six travailleurs médicaux avaient subis dans les geôles libyennes continuent d’être le lot quotidien de dizaines de prisonniers politiques ou d’opinion.

Des restrictions sévères pèsent toujours sur la liberté d’expression et d’association. Plusieurs citoyens libyens soupçonnés d’activités politiques à l’étranger ont été arrêtés à leur retour dans le pays ou font l’objet de graves menaces. Certains d’entre eux avaient pourtant reçu des autorités libyennes l’assurance qu’ils ne risquaient rien en rentrant dans leur patrie. On est toujours sans nouvelles de nombreuses personnes arrêtées arbitrairement et détenues au secret, certaines depuis plus de quinze ans.

Malgré ce bilan désastreux, les relations de la Libye avec les démocraties occidentales se sont rapidement améliorées ces dernières années. Les Etats-Unis ont rétabli des relations diplomatiques normales avec Tripoli depuis mai 2006, et ont retiré le pays de la liste des « États terroristes ».

Alors que la Libye n’a pas signé la Convention de Genève de 1951 et ne dispose pas de système d’asile, que les migrants et réfugiés y sont fréquemment l’objet de graves mauvais traitements, et même de torture, lorsqu’ils sont arrêtés en situation irrégulière, le pays de Mouammar Kadhafi est en passe de devenir la barrière sud des pays de l’Union européenne pour prévenir l’arrivée sur notre sol des candidats à l’immigration venus de l’Afrique subsaharienne.

Fathi el Jahmi, 66 ans, qui souffre de diabète, d’hypertension et de problèmes cardiaques, est maintenu en détention à l’isolement dans un lieu tenu secret. Ce prisonnier d’opinion a été arrêté en mars 2004 pour avoir critiqué le chef de l’État libyen, et appelé à des réformes politiques, lors d’entretiens avec des médias internationaux. Fathi el Jahmi avait déjà été privé de liberté entre 2002 et 2004 pour avoir exprimé ses opinions politiques de manière totalement pacifique. Les contacts avec sa famille sont sévèrement limités et il lui est interdit de recevoir du courrier, des livres ou des journaux.

En l’absence des soins médicaux appropriés, son état de santé ne cesse de se détériorer. Selon des personnes qui l’ont vu récemment, il avait à peine la force de parler et paraissait émacié, même si ses jambes étaient gonflées. S’il n’est pas rapidement pris en charge médicalement, sa vie même pourrait être en danger.

Traduction de la lettre

Votre Excellence,

L’organisation de défense des droits de l’homme Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) m’informe de l’état de santé dramatique de :

FATHI EL-JAHMI

Ce prisonnier d’opinion âgé de 66 ans souffre de diabète, d’hypertension et d’une maladie coronarienne et est privé des soins médicaux dont il a besoin. Sa santé semble se détériorer, et en l’absence d’un traitement médical approprié, sa vie pourrait être gravement menacée.

Il est détenu à l’isolement depuis mars 2004, avec des contacts très limités avec le monde extérieur, dans un lieu tenu secret, selon toute vraisemblance un bâtiment de l’Agence de sûreté intérieure dans la banlieue de Tripoli.

La Libye est partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à la Convention contre la torture, qui interdisent les mauvais traitements aux prisonniers tels que subis par Fathi el-Jahmi dans les conditions actuelles de sa détention.

J’exhorte Votre Excellence à faire usage de son pouvoir pour faire en sorte que Fathi el-Jahmi reçoive tous les soins médicaux dont il a besoin, y compris dans un hôpital hors de la prison.

Puisque Fathi el-Jahmi est emprisonné uniquement pour avoir exercé sans violence son droit à la liberté d’expression, il doit être considéré comme un prisonnier d’opinion et, en application des principes internationaux élémentaires des droits de l’homme, il doit être libéré immédiatement et sans condition.

En vous remerciant de tenir compte de mon appel, au nom de la justice et de l’humanité, je vous prie d’agréer, Votre Excellence, l’expression de ma haute considération.

P.-S.

La lettre est adressée au
Colonel Mu’ammar al-Gaddafi,
Chef de l’État.

N’oubliez pas : vos nom et prénom, votre adresse, la date, votre signature.

Timbrez à 0,90 €

Ecrivez avant le 15 avril 2008.

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