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Appel du mois - Juin 2010

juin 2010

BURUNDI

Justice pour un militant assassiné

Le 9 avril 2009, le jeune économiste Ernest MANIRUMVA était retrouvé mort poignardé devant son domicile de Bujumbura, la capitale du Burundi. Un dossier de classement vide, maculé de sang, trouvé sur son lit et des traces d’effraction dans un bureau où il travaillait comme consultant au ministère de l’Agriculture laissent penser que les meurtriers cherchaient des documents sensibles qu’il avait en sa possession. Plus d’un an après le meurtre, la vérité n’a toujours pas été établie et la justice piétine.

Ernest Manirumva était vice-président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME), une organisation de la société civile burundaise, et vice-président d’un organisme officiel de règlementation des marchés publics. Peu avant sa mort, Manirumva enquêtait sur des affaires de corruption au sein de la police et de tentatives d’achat illégal d’armes à feu.

Les membres du personnel de l’OLUCOME font régulièrement l’objet de harcèlement et de manœuvres d’intimidation, notamment d’appels téléphoniques anonymes et de lettres contenant des menaces de mort. Le président de l’organisation, Gabriel RUFYIRI, a déjà été arrêté à deux reprises, en 2004 et 2006, en raison de ses activités anti-corruption.

Depuis l’assassinat d’Ernest Manirumva, le gouvernement burundais a tenté d’étouffer les appels à la justice lancés par la société civile. Certains membres des organisations qui ont publiquement dénoncé le meurtre et les défaillances des enquêtes judiciaires sur cette affaire ont eux-mêmes reçu des menaces. Gabriel Rufyiri, ainsi que Pierre Claver MBONIMPA, président de l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), ont appris en mars 2010 que des agents de l’État projetaient de les tuer en maquillant le meurtre en accident de voiture. Pierre Mbonimpa a également été menacé par téléphone : « Si tu continues de travailler sur l’affaire Ernest Manirumva, tu finiras comme lui. »

De même, l’organisation Forum pour le renforcement de la société civile (FORSC), qui menait la campagne « Justice pour Ernest Manirumva » a été frappée d’interdiction par une ordonnance du ministère de l’Intérieur et son délégué général Pacifique NININAHAZWE a été averti qu’un complot d’assassinat se tramait contre lui. Au moins trois individus qui auraient pu fournir des informations sur l’assassinat d’Ernest Manirumva ont été tués ou ont disparu. Certains témoins n’osent pas se manifester par peur de représailles.

Même si le gouvernement burundais a pris certaines mesures pour retrouver les meurtriers d’Ernest Manirumva, mis en place une commission d’enquête, et placé neuf suspects, dont plusieurs policiers, en détention provisoire, aucun rapport n’a encore été publié sur l’enquête et la date du procès n’a pas été fixée.

P.-S.

La lettre est adressée à
M. Pierre NKURUNZIZA, Président de la République

Fax : 00 257 22 22 74 90

N’oubliez pas :
vos nom et prénom, votre adresse,la date, votre signature

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Écrivez avant le 30 juin 2010

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