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Appel du mois - Février 2010

février 2010

IRAN

Le lauréat du prix Martin Ennals à nouveau en prison

Emadeddin Baghi, éminent défenseur iranien des droits de l’homme, faisait l’objet d’un article dans le dernier bulletin de l’ACAT Luxembourg. Journaliste et écrivain, le fondateur de l’Association pour la défense des droits des prisonniers et lauréat 2009 du prix Martin Ennals, qui a déjà été emprisonné à maintes reprises, vient d’être à nouveau arrêté à la suite de manifestations organisées lors de la fête religieuse chiite de l’Achoura.

Le 28 décembre, à 6h45, quatre agents armés en tenue civile se sont introduits par la force chez Emadeddin Baghi et l’ont appréhendé. Ils ont refusé de présenter des pièces d’identité et ont sauvagement battu son beau-frère. Lorsqu’ Emadeddin Baghi a assuré à sa femme et à sa fille qu’il serait courageux en prison, ils lui ont dit qu’il ne vivrait pas assez longtemps pour avoir à faire preuve de courage.

Depuis lors, les autorités n’ont donné aucune information à sa famille et n’ont pas autorisé ses avocats à le contacter. Emadeddin Baghi souffre de graves problèmes de santé, résultant en grande partie de ses précédents séjours en prison. Il semble qu’il soit détenu à l’isolement dans la prison d’Evin. Son médecin a demandé aux autorités de ne pas le soumettre à des pressions, afin d’éviter une dégradation de son état de santé.

Emadeddin Baghi avait quitté la prison d’Evin en octobre 2008 après avoir purgé une peine d’un an pour « atteinte à la sécurité nationale », en raison de ses critiques du recours à la peine capitale. Pendant son incarcération, on lui a interdit de se rendre aux toilettes pendant quatre jours d’affilée et les responsables de la prison ont tardé à lui permettre de bénéficier de soins médicaux dont il avait un besoin urgent. En décembre 2007, il a subi un infarctus et trois attaques pendant sa détention et sa santé demeure extrêmement fragile.

A la fin des années 1990, Emadeddin Baghi avait dénoncé les meurtres en série mystérieux d’intellectuels iraniens. Ses livres utilisant les textes et la jurisprudence islamique pour défendre l’abolition de la peine de mort ont été interdits par le pouvoir iranien, le journal qu’il éditait a été supprimé et l’Association pour la défense des droits des prisonniers, qui rassemblait des informations concernant la torture et les mauvais traitements en détention, a été contrainte de fermer ses portes en août 2009, au plus fort de la répression par les forces de sécurité suite à l’élection présidentielle contestée de juin 2009.

De nombreux autres défenseurs des droits fondamentaux, militants politiques, journalistes, universitaires et étudiants ont été arrêtés dans tout le pays ces dernières semaines, s’ajoutant à tous ceux qui sont encore détenus depuis les manifestations de juin dernier. Les conditions de vie éprouvantes, les mauvais traitements et la torture, notoires dans les prisons iraniennes, font craindre pour la vie et la sécurité d’Emadeddin Baghi et de tous ces prisonniers d’opinion victimes d’une répression sans merci.

Traduction de la lettre

Excellence,

L’organisation de défense des droits de l’homme ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) à Luxembourg m’informe de l’arrestation, autour du 28 décembre 2009, d’un grand nombre de défenseurs des droits de l’homme, de journalistes, d’étudiants et d’universitaires à la suite de la fête commémorative de l’Achoura. Toutes ces personnes seraient détenues au secret et risquent la torture ou d’autres formes de mauvais traitements.

Parmi elles, le lauréat 2009 du prestigieux prix Martin Ennals, EMADEDDIN BAGHI, qui a déjà été emprisonné plusieurs fois pour raisons d’opinion et qui souffre de graves problèmes de santé. Sa vie pourrait être en danger s’il est soumis à des pressions et ne reçoit pas toute l’attention médicale qui lui est indispensable.

J’exhorte les autorités iraniennes à le libérer immédiatement et sans conditions et à garantir qu’il sera traité avec humanité en toutes circonstances.

Toutes les personnes arrêtées à la suite des manifestations qui ont marqué la fête de l’Achoura doivent avoir accès à un avocat de leur choix, à leurs familles et à tous les soins médicaux dont elles pourraient avoir besoin. Elles doivent être protégées contre la torture et toutes autres formes de mauvais traitements, et jouir de leurs droits fondamentaux à la liberté d’expression et d’association, en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel l’Iran est État partie.

En vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien accorder à mon appel, je vous prie d’agréer, Excellence, l’expression de ma haute considération.

P.-S.

La lettre est adressée à l’Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei

N’oubliez pas :
vos nom et prénom, votre adresse, la date, votre signature

Timbrez à 0,90 €

Envoyez la lettre avant le 28 février 2010

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