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Appel du mois - Février 2009

mars 2009

SRI LANKA

Les journalistes pris pour cibles

Lasantha Wickramatunga, rédacteur en chef du journal Sunday Leader, a été abattu par balles le matin du 8 janvier dans la banlieue de Colombo par des hommes armés non identifiés. Le Sunday Leader avait publié plusieurs articles dénonçant l’ingérence politique et la corruption dans un certain nombre d’affaires de privatisation. Ses journalistes attirent aussi régulièrement l’attention sur les atteintes aux droits de l’homme perpétrées dans le contexte des combats qui opposent les forces gouvernementales et le mouvement séparatiste des Tigres libérateurs de l’Eelam tamoul (LTTE).

Lasantha Wickramatunga se savait en grand danger. Son équipe et lui-même avaient déjà été victimes d’agressions. En 2007, l’imprimerie du groupe avait été prise d’assaut par une bande armée qui avait forcé les employés à s’agenouiller, avant de mettre le feu aux presses et au numéro du journal qui venait d’être imprimé. En 2006, le rédacteur en chef avait été menacé d’arrestation au titre de la législation anti-terroriste pour un article critiquant le président.

Depuis la reprise du conflit armé en 2006, les menaces pesant sur les médias et la liberté de la presse se sont considérablement intensifiées. Au moins quarorze professionnels des médias ont été assassinés au Sri Lanka depuis le début de l’année 2006. D’autres ont « disparu » alors qu’ils étaient détenus par les forces de sécurité. D’autres encore ont été torturés et maintenus en détention arbitraire en vertu de règlements d’exception accordant des pouvoirs très étendus au gouvernement. Plus d’une vingtaine de journalistes ont quitté le pays après avoir reçu des menaces de mort. Dans certains cas, les attaques contre les professionnels des médias ont été menées par des groupes armés tamouls agissant manifestement avec l’accord des forces de sécurité.

A notre connaissance, aucune enquête n’a jamais abouti à l’arrestation et à la poursuite en justice des auteurs présumés des meurtres de journalistes et d’autres personnes travaillant dans les médias. L’absence d’enquêtes approfondies sur ces crimes signifie que ce type d’attaque peut se reproduire en toute impunité.

Le respect des droits de l’homme dans un pays est étroitement lié à l’impartialité et à la rigueur du travail effectué par les médias. Lorsque les violations des droits de l’homme ne sont pas dénoncées et que l’opinion publique n’est pas vigilante, les atteintes aux libertés fondamentales peuvent se multiplier dans le secret et la dénégation. Le climat d’impunité dont bénéficient les auteurs d’attaques contre les médias au Sri Lanka a rendu impossible l’obtention d’une image claire et impartiale de ce qui se passe dans le pays.

Traduction de la lettre

Monsieur le Président de la République,

L’organisation de défense des droits de l’homme ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) m’informe d’une série alarmante d’attaques et d’autres graves violations des droits de l’homme contre des professionnels des médias au Sri Lanka ces dernières années.

Le 8 janvier 2009, LASANTHA WICKRAMATUNGA, rédacteur en chef du journal Sunday Leader, a été abattu par balles par des hommes armés non identifiés dans la banlieue de Colombo. Son équipe et lui-même avaient déjà subi des attaques pour avoir publié des articles au contenu hautement politique et attiré l’attention sur les atteintes aux droits de l’homme dans le contexte du conflit armé sri lankais.

Depuis le début de l’année 2006, au moins 14 personnes travaillant dans la presse ont été victimes d’homicides illégaux dans votre pays. D’autres ont été arrêtées arbitrairement, torturées ou auraient « disparu » lors de leur détention aux mains des forces de sécurité. Plus d’une vingtaine de journalistes ont quitté le Sri Lanka après avoir reçu des menaces de mort. A ce jour, aucune enquête n’a jamais abouti à l’arrestation et à la poursuite en justice des responsables de meurtres de journalistes et d’autres professionnels des médias, et l’impunité qui règne permet à ces crimes de se répéter.

J’exhorte donc votre gouvernement à condamner publiquement l’assassinat de Lasantha Wickramatunga et toutes les autres attaques contre les médias et je demande que soit menée une enquête indépendante sur tous les homicides de journalistes ainsi que tous les actes de harcèlement, d’intimidation et de menaces contre les professionnels des médias, afin d’en identifier et d’en poursuivre les responsables en justice, et de mettre un terme à ces exactions.

Les autorités du Sri Lanka doivent garantir l’exercice libre, impartial et en sécurité des activités de la presse, sans crainte d’arrestations arbitraires et de représailles, pour éviter la multiplication des violations des droits de l’homme à la faveur du secret et de la dénégation.

En vous remerciant de bien vouloir tenir compte de mon appel, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma haute considération.

P.-S.

La lettre est adressée à :
Mahinda Rajapaksa, Président

Fax : 00 94 1 1244 6657

N’oubliez pas :
vos nom et prénom, votre adresse, la date, votre signature

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Ecrivez avant le 31 mars 2009

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