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Appel du mois de mai - Togo

mai 2007

TOGO

Violences politiques et impunité

« Qu’avons-nous fait de mal pour mériter un tel sort ? »

François Agboli, un conducteur de camion, a été blessé par balle le 27 février 2005. Il déchargeait sa cargaison de ciment avec ses apprentis, vers 9 heures du matin, quand des véhicules militaires se sont mis à tirer sur des gens qui manifestaient. Il est monté dans le véhicule pour démarrer. Ses deux apprentis, Boukary Fousseni, 15 ans, et Kouamé Kouakou, 25 ans, ont été tués alors qu’ils tentaient de monter dans la remorque du camion. Leur patron a été touché à la jambe et a dû être amputé.

Les violences extrêmes qui ont suivi le décès, en février 2005, du président togolais Gnassingbé Eyadema, après 38 années de règne sans partage, ont causé des centaines de morts et de blessés. Des dizaines de milliers de personnes, contraintes à l’exil, ont trouvé refuge au Bénin et au Ghana voisins. Ces violences ont notamment eu lieu lors de l’élection présidentielle d’avril 2005, remportée officiellement par Faure Gnassingbé, le fils du président défunt, qui a été élu à la suite d’un scrutin entaché d’irrégularités.

Suite à ces événements, les autorités togolaises ont créé en mai 2005 une Commission nationale spéciale d’enquête indépendante. De leur côté, les Nations unies ont diligenté une mission d’établissement des faits. Ces deux enquêtes ont souligné la gravité des exactions commises à la fois par les forces de sécurité et les milices proches du pouvoir ainsi que par les partisans de l’opposition. Cependant, aucun des auteurs présumés de ces actes n’a été, à ce jour, poursuivi, et l’impunité qui sévit depuis des décennies au Togo se perpétue. Elle nie la souffrance des victimes et risque de décourager les personnes qui ont besoin pour se reconstruire que la vérité soit établie et que justice soit rendue. Il faut en particulier que les membres des forces de sécurité et des milices qui se sont rendus coupables d’exécutions extrajudiciaires et d’actes de torture soient poursuivis en justice dans un délai raisonnable.

Aujourd’hui, pour la première fois au Togo, plus d’une centaine de victimes d’atteintes aux droits de l’homme se sont réunies au sein d’un Collectif d’associations contre l’impunité afin de déposer plainte devant la justice et de tenter d’obtenir des réparations. Ces victimes appartiennent à des sensibilités politiques différentes, certaines sont proches des partis d’opposition, d’autres sont membres du parti au pouvoir, beaucoup d’autres sont de simples civils sans appartenance politique particulière.

Alors que le Togo se prépare à organiser un nouveau scrutin électoral, prévu pour juin 2007, les autorités doivent enfin engager des réformes profondes afin que de telles violences ne se reproduisent pas. Ces réformes majeures doivent surtout permettre de contrôler efficacement les forces armées et les forces de sécurité et de renforcer l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le gouvernement togolais doit se montrer à la hauteur du courage des victimes des violences de 2005 en répondant à leurs attentes de vérité, de justice et de réparation.

P.-S.

La lettre est adressée
au président Faure GNASSINGBE.

Fax : 00. 228. 221 32 04.

N’oubliez pas :
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Ecrivez avant le 15 juin 2007

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