Accueil du site > Archives > Luxembourg > Appel du mois > Archives > Appel du mois - Avril 2010

Appel du mois - Avril 2010

2010

PHILIPPINES

Pour une mise en œuvre de la loi anti-torture

Le 12 novembre 2009, la présidente des Philippines a promulgué une loi qui reconnaît enfin officiellement la torture comme un crime et institue une échelle de peines en fonction de la gravité de l’acte commis. Cette loi est le résultat de décennies de campagnes de militants des droits de l’homme dans un pays encore marqué par l’héritage de la dictature de Ferdinand Marcos.

Bien loin de l’image idyllique présentée dans les brochures touristiques, la pauvreté et les inégalités dans la distribution des richesses et l’accès aux ressources, en particulier les terres, ont mené de larges secteurs de la société philippine à la vulnérabilité et à la marginalisation. Alors que 70% de la population dépend de l’agriculture, une minorité oligarchique détient les meilleures terres et use de méthodes sanglantes, par le biais de milices privées et avec l’appui de l’armée, pour exproprier les agriculteurs et réprimer durement les soulèvements.

Les quelque 140 groupes ethnolinguistiques indigènes que compte le pays, qui représentent entre 15 et 20 % des habitants, constituent la portion la plus marginalisée de la population de l’archipel. Ils sont régulièrement victimes de diverses formes d’abus, de violence et d’exploitation. Mal protégés par le gouvernement, ils sont à la merci des grosses entreprises minières ou agricoles, qui n’hésitent pas à user de la force, de menaces, voire d’exécutions sommaires, pour faire déplacer des communautés entières et les déposséder de leurs terres ancestrales si celles-ci sont situées dans des zones d’exploitation économique.

Dans la province de Mindanao, dans le sud des Philippines, les communautés musulmanes souffrent aussi de la marginalisation et de l’oppression. Le peuple « Moro » se bat pour retrouver une certaine indépendance sur ses terres ancestrales, face la politique de migration massive des catholiques du nord, voulue par Manille. Le conflit armé qui oppose le gouvernement philippin et le Front islamique Moro de libération depuis les années 1970 a fait de nombreuses victimes et plus de deux millions de déplacés internes.

En réponse aux violations graves de leurs droits sociaux, économiques et culturels, certains se tournent vers la rébellion armée. De son côté, le gouvernement philippin perçoit les tensions sociales comme des problèmes sécuritaires potentiels et y répond régulièrement par la répression, dans un contexte marqué par la faiblesse du système judiciaire et une impunité généralisée.

L’adoption de la nouvelle loi anti-torture constitue un progrès important. Il faut à présent que les autorités mettent véritablement ce texte en œuvre, notamment en s’assurant que les membres des forces de sécurité, principaux auteurs d’actes de torture, respectent cette nouvelle législation.

P.-S.

La lettre est adressée à :
Mme Gloria Macapagal-Arroyo, Présidente de la République

Fax :
00 632 742 1641
00 632 929 3968
00 632 736 1010

N’oubliez pas :
vos nom et prénom, votre adresse, la date, votre signature

Timbrez à 0,90 €

Ecrivez avant le 30 avril 2010

Qui sommes nous ?
Equipe
Réseau des ACAT
Statuts
Finances
Comprendre
La torture
La peine de mort
Les disparitions forcées
La justice internationale
Instances internationales
Position des Eglises
Tableau des ratifications par pays
Frise chronologique
Cartographies
Agir
Auprès des instances internationales
Avec les Coalitions
Formations
Comment agir ?
S’informer
Rapports d’activités
Rapports
Le bulletin ’Fiacat Info’
Ressources documentaires
Ressources théologiques
Liens
Espace Presse

Contact - Liens
FIACAT - 27, rue de Maubeuge - 75009 Paris — France - Tél.: +33 (0)1 42 80 01 60 - Réalisation site : Epistrophe