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	<title>FIACAT</title>
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	<description>La FIACAT est une organisation internationale non gouvernementale de d&#233;fense des droits de l'homme qui lutte pour l'abolition de la torture et de la peine de mort</description>
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		<title>La torture</title>
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		<dc:creator>NJ et GC</dc:creator>


		<dc:subject>Torture</dc:subject>

		<description>Aujourd'hui, la FIACAT demande aux Eglises et aux chr&#233;tiens de prendre ouvertement position contre la torture. Le Saint Si&#232;ge et le Conseil &#338;cum&#233;nique des Eglises (COE) se sont prononc&#233;s r&#233;solument contre la torture et ont appel&#233; les chr&#233;tiens &#224; s'y opposer. L'Eglise catholique a longtemps justifi&#233; la torture, mais a fini par changer sa position. Depuis la Constitution pastorale Gaudium et spes du 7 d&#233;cembre 1965 issue du Concile Vatican II, l'Eglise (...)

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&lt;a href="http://www.fiacat.org/-position-des-eglises-" rel="directory"&gt;Position des Eglises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.fiacat.org/+-torture-+" rel="tag"&gt;Torture&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, la FIACAT demande aux Eglises et aux chr&#233;tiens de prendre ouvertement position contre la torture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Saint Si&#232;ge [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='D&#233;clarations du pape Jean Paul II des 5 et 27 juin 2004, d&#233;claration du (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] et le Conseil &#338;cum&#233;nique des Eglises (COE) [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='D&#233;claration de Konrad Raiser, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du COE, du 12 f&#233;vrier 2001 (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] se sont prononc&#233;s r&#233;solument contre la torture et ont appel&#233; les chr&#233;tiens &#224; s'y opposer. [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir l&#8216;article de Monseigneur Emmanuel Laffont, L'Eglise et la (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Eglise catholique a longtemps justifi&#233; la torture, mais a fini par changer sa position. Depuis la Constitution pastorale &lt;i&gt;Gaudium et spes &lt;/i&gt;du 7 d&#233;cembre 1965 issue du Concile Vatican II, l'Eglise catholique condamne tout ce qui constitue une violation de l'int&#233;grit&#233; de la personne humaine comme les mutilations, la torture physique ou morale, les contraintes psychologiques. Le droit de l'Eglise (Code canonique, 1981) et le Cat&#233;chisme de l'Eglise catholique (1987) condamnent &#233;galement la torture et appellent &#224; son abolition. Le Saint Si&#232;ge a sign&#233; et ratifi&#233; la Convention internationale contre la torture.&lt;br /&gt;
Dans une d&#233;claration du 13 d&#233;cembre 2005, le cardinal Martino rappelle que l'Eglise catholique condamne l'usage de la torture comme moyen pour &#171; arracher &#187; la v&#233;rit&#233; car &#171; &lt;i&gt;La torture est une humiliation de la personne humaine, quelle qu'elle soit. Et donc l'Eglise n'admet pas ce moyen pour arracher la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir : http://www.zenit.org/article-11762?...' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;
Le 6 septembre 2007, le pape Beno&#238;t XVI a redit l'engagement de l'Eglise catholique contre la torture en prison : l'interdiction de la torture &#171; &lt;i&gt;ne saurait &#234;tre mise en cause en aucune circonstance&#8230; Lorsque les conditions carc&#233;rales n'aident pas &#224; la r&#233;cup&#233;ration de l'estime de soi et des devoirs qui en d&#233;coulent, ces institutions manquent leur objectif essentiel&#8230; Les pouvoirs publics doivent &#234;tre attentifs et &#233;viter que des m&#233;thodes punitives minent ou d&#233;gradent la dignit&#233; des prisonniers&lt;/i&gt; &#187;. [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir : https://www.zenit.org/article-16105...' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans une d&#233;claration du 12 mai 2004, le Conseil national des &#201;glises am&#233;ricaines, qui r&#233;unit un grand nombre d'&#201;glises protestantes et orthodoxes, &#171; &lt;i&gt;d&#233;plore avec tristesse &#8230; les rapports d&#233;vastateurs sur l'humiliation et la torture des prisonniers irakiens par les personnels militaires U.S&#8230; Comment les Am&#233;ricains peuvent-ils s'attendre &#224; une telle coop&#233;ration quand nos actions rencontrent seulement l'&#233;c&#339;urement ?&#8230;Comment &#233;valuer autrement les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par l'invasion unilat&#233;rale de l'Irak, la privation de tous droits pour plus de 600 personnes d&#233;tenues &#224; Guantanamo, la fermeture d'un journal irakien, les effroyables mauvais traitements r&#233;serv&#233;s aux prisonniers irakiens ?&lt;br /&gt;
La cause commune que tous les pays pourraient partager dans la &#8220;guerre contre le terrorisme&#8221; est d&#233;pass&#233;e par le ressentiment contre les &#201;tats-Unis pour ce qui est consid&#233;r&#233; comme une trahison de ses propres id&#233;aux. Malheureusement, l'embl&#232;me photographique de cette guerre ne sera pas la chute de la statue de Saddam Hussein par les Am&#233;ricains et les Irakiens dans une c&#233;l&#233;bration conjointe, mais sera la pyramide des prisonniers irakiens nus accabl&#233;s de sarcasmes par des soldats am&#233;ricains dans un moment de faillite morale. Sp&#233;cialement dans un monde rempli de conflits, notre foi nous appelle, comme t&#233;moins du Christ qui est notre paix, &#224; l'amiti&#233; et la solidarit&#233; avec tous les peuples et toutes les nations. Le chemin vers une telle solidarit&#233; n'est pas facile. Il requiert plus de dialogue, de respect pour les autres, et la croyance dans la dignit&#233; de tout &#234;tre humain. Une telle solidarit&#233; requiert aussi des engagements r&#233;ciproques et des r&#232;gles de conduite l&#233;gitime, comme le pr&#233;voit le droit international en accord avec la communaut&#233; des nations. &lt;/i&gt; &#187;&lt;br /&gt;
Le 17 mai 2004, consid&#233;rant comme &#171; &lt;i&gt;horribles &lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;d&#233;go&#251;tantes &lt;/i&gt; &#187; les photos de d&#233;tenus irakiens tortur&#233;s par des soldats U.S., Monseigneur John H. Ricard, &#233;v&#234;que de Pensacola-Tallahassee, pr&#233;sident de la commission des affaires Internationales de la Conf&#233;rence des &#233;v&#234;ques am&#233;ricains, constate que les tortures &#233;pouvantables subies par les prisonniers irakiens &#171; &lt;i&gt;ont apport&#233; la honte sur notre nation, sont un affront &#224; nos principaux id&#233;aux et d&#233;truiront les efforts l&#233;gitimes pour affronter les menaces tr&#232;s r&#233;elles auxquelles doivent faire face notre pays et le monde. &lt;/i&gt; &#187; Monseigneur Ricard estime que cela constitue un d&#233;fi pour s'interroger sur des questions morales plus larges : les tortures inflig&#233;es aux prisonniers irakiens mettent en relief &#171; &lt;i&gt;deux risques moraux qui pourraient provenir de la r&#233;ponse aux horreurs du 11 septembre et des difficult&#233;s en Irak&#8230;Le premier est la conviction d'&#234;tre une exception. Nous pouvons perdre de vue la dure v&#233;rit&#233; que les sentiments jumeaux de victimisation et de sup&#233;riorit&#233; morale ne nous lib&#232;rent pas de l'obligation morale de soutenir les droits &#233;l&#233;mentaires, m&#234;me de nos pires ennemis qui, pourtant eux-m&#234;mes, ne montrent que m&#233;pris pour de tels droits. Le second risque moral est une cons&#233;quence naturelle du premier. La gravit&#233; des menaces auxquelles nous sommes confront&#233;s nous incite &#224; tol&#233;rer une morale o&#249; la fin justifie les moyens. La justice inh&#233;rente de notre cause et les n&#233;cessit&#233;s pour arr&#234;ter le terrorisme peuvent conduire &#224; une morale minimale qui accepte une interpr&#233;tation extensive du droit international, l'&#8220;in&#233;vitabilit&#233;&#8221; des morts civils en Irak et le &#8220;r&#233;alisme&#8221; d'une confiance d&#233;mesur&#233;e dans la r&#233;ponse militaire au probl&#232;me du terrorisme global. Le d&#233;fi moral &#224; cette heure est d'aborder ces horribles cas de torture d'une mani&#232;re qui montre au monde&#8212;et, plus important, &#224; nous-m&#234;mes&#8212;que notre nation n'a pas succomb&#233; &#224; de tels risques. La condamnation universelle de ce qui s'est pass&#233; &#224; Abu Ghra&#239;b est un signe d'espoir qu'en d&#233;pit du mal inqualifiable qui nous a &#233;t&#233; fait et des terribles menaces que nous affrontons, notre nation s'engage &#224; agir en plein accord avec les normes morales fondamentales et les id&#233;aux de libert&#233; et de justice pour tous entretenus par l'Am&#233;rique. En agissant ainsi, nous soutiendrons le droit international, renforcerons la nature morale de notre nation et honorerons mieux la m&#233;moire des victimes du 11 septembre et des soldats et civils qui sont morts en Afghanistan et en Irak. &lt;/i&gt; &#187;&lt;br /&gt;
Le 10 novembre 2006, aux Etats-Unis toujours, le National Religious Campaign Against Torture (NRCAT), qui regroupe 64 mouvements religieux issus de toutes les confessions : juifs, protestants &#233;vang&#233;liques ou non, catholiques, orthodoxes, musulmans, bouddhistes, a adopt&#233; une d&#233;claration commune pour refuser l'usage de la torture, d&#233;finie comme une violation de &#171; l&lt;i&gt;a dignit&#233; fondamentale de la personne humaine pour laquelle toutes les religions, dans leurs id&#233;aux les plus &#233;lev&#233;s, ont une grande estime.&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='D&#233;claration commune de responsables religieux am&#233;ricains du 10 novembre (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;
Le 3 juillet 2008, la Conf&#233;rence des &#233;v&#234;ques am&#233;ricaine a m&#234;me publi&#233; un guide contre la torture, pour inciter &#224; la r&#233;flexion et analyser la question de la torture sous un angle purement moral. [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Accessible sur le site web de la Conf&#233;rence des &#233;v&#234;ques am&#233;ricains : (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;] Elle a &#233;galement renforc&#233; cette condamnation de la torture en publiant une longue r&#233;flexion th&#233;ologique et sociologique, intitul&#233;e &lt;i&gt;Torture is a Moral Issue&lt;/i&gt;. [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Conf&#233;rence des &#233;v&#234;ques am&#233;ricains, Torture is a moral issue : (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Eglises doivent donc, d'abord et avant, tout dire et redire la place de l'autre, le rapport &#224; autrui. En effet, si on se met &#224; faire la diff&#233;rence entre &#171; eux &#187; et nous, que devient la perception de l'autre comme prochain ? Peut-on avoir comme prochain celui qui est qualifi&#233; &#171; d'ennemi &#187; ? Le terroriste ou pr&#233;sum&#233; tel et le bourreau peuvent-ils &#234;tre nos prochains ? N'oublions pas qu'ils sont tous deux enfants de Dieu, et par l&#224; m&#234;me nos fr&#232;res avec qui nous partageons une commune humanit&#233;.&lt;br /&gt;
La r&#233;sistance &#224; la torture ne saurait &#234;tre simplement physique, c'est-&#224;-dire se r&#233;sumer &#224; des mesures polici&#232;res, militaires, etc. Elle est aussi d'ordre spirituel. Devant la force du mal qu'incarne le terrorisme, il est difficile de ne pas se laisser soi-m&#234;me (Etat, groupe social ou sujet) emport&#233; par la &#171; spirale de la violence &#187;. Comment alors r&#233;pondre avec justesse au terrorisme ? Les croyants sont invit&#233;s &#224; enraciner leurs r&#233;actions dans l'amour inconditionnel que Dieu porte &#224; tout &#234;tre humain, dans l'infini respect qu'Il porte &#224; tout homme.&lt;br /&gt;
Enraciner les r&#233;actions possibles dans l'amour inconditionnel que Dieu porte &#224; tout &#234;tre humain, cela conduit tout autant &#224; continuer &#224; traiter tout &#234;tre humain dans le respect des droits li&#233;s &#224; sa simple existence d'&#234;tre cr&#233;&#233; &#171; &#224; l'image et &#224; la ressemblance de Dieu &#187; (Gen&#232;se 1, 26-27), f&#251;t-il terroriste ou pr&#233;sum&#233; tel. Un chr&#233;tien ne saurait tol&#233;rer que cette lutte soit men&#233;e de telle sorte que le respect de l'&#233;tat de droit ne soit plus assur&#233;, et donc que le respect et la dignit&#233; de tout &#234;tre humain soient revus &#224; la baisse en raison de mesures prises pour mieux lutter contre le terrorisme. Ainsi, dans son message du 1er janvier 2004 pour la Journ&#233;e mondiale de la paix, le pape Jean Paul II affirme clairement que &#171; &lt;i&gt;l'usage de la force contre les terroristes ne peut justifier le renoncement aux principes d'un &#233;tat de droit. De choix politiques qui rechercheraient le succ&#232;s sans tenir compte des droits fondamentaux de l'homme seraient inacceptables, car la fin ne justifie jamais les moyens&lt;/i&gt; &#187;. [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='Pape Jean Paul II, Message du 1er janvier 2004 pour la Journ&#233;e mondiale de (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;
&#171; &lt;i&gt;La foi chr&#233;tienne atteste que tout homme demeure un &#234;tre humain, quelle que soit la nature des actes qu'il a commis et auxquels on ne peut d'ailleurs jamais le r&#233;duire : nul ne se confond avec les actes qu'il pose. Terroriste ou non, ne pas traiter humainement un seul revient &#224; atteindre l'humanit&#233; toute enti&#232;re &#187;. [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='Justice et Paix - France, Terrorisme, Condamner, Expliquer, R&#233;sister, (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le chr&#233;tien refuse la destruction de l'homme par l'homme par un combat passionn&#233; pour la dignit&#233; de la personne humaine. Il en va de la responsabilit&#233; des chr&#233;tiens de permettre &#224; tout homme de ne pas vivre ce que le Christ a subi : apr&#232;s le d&#233;luge, qui exprime dans le langage biblique la col&#232;re divine &#224; l'encontre de la violence des hommes, Dieu dit &#224; No&#233; : &#171; &lt;i&gt;De votre sang, qui est votre propre vie, je demanderai compte&#8230; &#224; tout homme : &#224; chacun je demanderai compte de la vie de son fr&#232;re&#8230;. Car &#224; l'image de Dieu l'homme a &#233;t&#233; fait. &lt;/i&gt; &#187; (Gen&#232;se).&lt;br /&gt;
Si la vie de l'homme cr&#233;&#233; par Dieu &#224; sa ressemblance est &#224; ce point pr&#233;cieuse, combien plus depuis que le Christ a pris la condition humaine et rachet&#233; l'humanit&#233; par son sang et sa mort sur la Croix ! A l'heure de la Passion, J&#233;sus n'a pas seulement manifest&#233; sa fraternit&#233; avec l'humanit&#233; mortelle, il est all&#233; jusqu'&#224; se faire fr&#232;re des personnes tortur&#233;es ou ex&#233;cut&#233;es. En cela, la torture n'est pas seulement un mal mais bien le mal absolu, celui par lequel le Sauveur devait passer pour &#233;lever &#224; lui tous les hommes.&lt;br /&gt;
La d&#233;nonciation de la violence, singuli&#232;rement de la torture, ne saurait donc constituer une option facultative de la vie chr&#233;tienne. Elle participe au contraire &#224; l'essence m&#234;me de cette vie, &#224; ce qui en fait le c&#339;ur :&lt;br /&gt;
&#171; Souvenez-vous de ceux qui sont en prison comme si vous &#233;tiez prisonniers avec eux, de ceux qui sont maltrait&#233;s, puisque, vous aussi, vous avez un corps &#187; (Ep&#238;tre aux H&#233;breux 13,3). Celui qui veut marcher &#224; la suite du Christ doit se pr&#233;occuper des besoins &#233;l&#233;mentaires, de la libert&#233; et de la dignit&#233; de ses fr&#232;res qui sont enferm&#233;s, menac&#233;s de mort et qui souffrent ;&lt;br /&gt;
&#171; Un membre souffre-t-il ? Tous les membres souffrent avec lui &#187; (1 Corinthiens, 12,26) ;&lt;br /&gt;
dans la lumi&#232;re des B&#233;atitudes, (&#171; Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasi&#233;s... Heureux ceux qui font &#339;uvre de paix : ils seront appel&#233;s fils de Dieu &#187;. Matthieu 5,6 et 9), d&#233;fendre les droits de l'homme c'est d&#233;fendre les droits de l'autre, mon fr&#232;re, c'est pouvoir aller jusqu'&#224; donner sa vie pour lui ;&lt;br /&gt;
le commandement &#171; &lt;i&gt;Tu ne tueras pas&lt;/i&gt; &#187; (D&#233;calogue) retentit dans la conscience morale de l'humanit&#233; tout enti&#232;re. Aussi, en enracinant son action dans la Foi chr&#233;tienne, l'ACAT ne s'isole pas du reste du monde : elle rejoint tous les hommes de bonne volont&#233; qui reconnaissent comme elle &#171; &lt;i&gt;la dignit&#233; inh&#233;rente &#224; tous les membres de la famille humaine et leurs droits &#233;gaux et inali&#233;nables&lt;/i&gt; &#187; et y voient &#171; &lt;i&gt;le fondement de la libert&#233;, de la justice et de la paix dans le monde&lt;/i&gt; &#187; (Pr&#233;ambule de la D&#233;claration Universelle des Droits de l'Homme).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La condamnation radicale de la torture d'une seule voix par les Eglises ne pourra &#234;tre entendue par tous que si elle s'accompagne d'un travail en profondeur pour la justice et la paix. Les chr&#233;tiens, porteurs des valeurs chr&#233;tiennes, celles de l'Evangile, celles qu'a enseign&#233;es le Christ, doivent y prendre toute leur part. T&#233;moins d'un message de salut adress&#233; &#224; tout homme, ils sont appel&#233;s &#224; &#234;tre porteurs d'esp&#233;rance, &#224; promouvoir la vie pour tous. Ayant au plus haut point le souci du respect de l'&#233;minente dignit&#233; de tout &#234;tre humain, la pens&#233;e que des hommes puissent tuer d'autres hommes au nom de Dieu, ou, bien pis, sur l'ordre de Dieu, leur fait horreur. Parce qu'ils sont disciples de J&#233;sus, le Fils de Dieu, les chr&#233;tiens savent que Dieu est Amour et que, par Lui, nous recevons le pardon et la force de pardonner.&lt;br /&gt;
Si donc l'humanit&#233; veut sortir de la violence, elle ne peut se dispenser de combattre les situations de violence &#8211; mais pas par la violence. On ne r&#233;pond pas au mal par le mal. Comme le rappelait le pape Jean Paul II, dans son Message du 1er janvier 2005 pour la Journ&#233;e mondiale de la paix, les chr&#233;tiens doivent &#171; &lt;i&gt;lutter contre le mal par le bien&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='Pape Jean Paul II, Message du 1er janvier 2005 pour la Journ&#233;e mondiale de (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;] car la paix est fruit de la justice et de la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] D&#233;clarations du pape Jean Paul II des 5 et 27 juin 2004, d&#233;claration du Cardinal Martino, pr&#233;sident du Conseil pontifical Justice et Paix du 3 d&#233;cembre 2004 et d&#233;claration du cardinal Walter Kasper, pr&#233;sident du Conseil pontifical pour l'Unit&#233; des Chr&#233;tiens, du 9 septembre 2004 : &lt;a href=&quot;http://www.acatfrance.fr/medias/pages_dynamiques/doc/eglises.pdf&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.acatfrance.fr/medias/pag...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] D&#233;claration de Konrad Raiser, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du COE, du 12 f&#233;vrier 2001 : &lt;a href=&quot;http://www.wcc-coe.org/wcc/what/international/torture-f.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.wcc-coe.org/wcc/what/int...&lt;/a&gt; et d&#233;claration de Samuel Kobia, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du COE du 3 d&#233;cembre 2004 : &lt;a href=&quot;http://www.fiacat.org/fr/article.php3?id_article=320&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.fiacat.org/fr/article.ph...&lt;/a&gt; ; d&#233;clarations du COE de 1990 et 1998.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Voir l&#8216;article de Monseigneur Emmanuel Laffont, L'Eglise et la torture, un point de vue catholique, Le Courrier de l'ACAT, juin 2006 : &lt;a href=&quot;http://www.acatfrance.fr/medias/pages_dynamiques/doc/eglisectorture.pdf&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.acatfrance.fr/medias/pag...&lt;/a&gt;, et l'article de Sylvie Bukhari-de Pontual, Les Eglises condamnent la pratique de la torture, Le Courrier de l'ACAT, d&#233;cembre 2004 : &lt;a href=&quot;http://www.acatfrance.fr/medias/pages_dynamiques/doc/eglises.pdf&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.acatfrance.fr/medias/pag...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Voir : &lt;a href=&quot;http://www.zenit.org/article-11762?l=french&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.zenit.org/article-11762?...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Voir : &lt;a href=&quot;https://www.zenit.org/article-16105?l=french&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;https://www.zenit.org/article-16105...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] D&#233;claration commune de responsables religieux am&#233;ricains du 10 novembre 2006, D&#233;p&#234;che de l'Agence Zenit, 10 novembre 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Accessible sur le site web de la Conf&#233;rence des &#233;v&#234;ques am&#233;ricains : &lt;a href=&quot;http://www.usccb.org/sdwp/international/libertyind.shtml&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.usccb.org/sdwp/internati...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Conf&#233;rence des &#233;v&#234;ques am&#233;ricains, Torture is a moral issue : &lt;a href=&quot;http://www.usccb.org/sdwp/stoptorture&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.usccb.org/sdwp/stoptorture&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] Pape Jean Paul II, Message du 1er janvier 2004 pour la Journ&#233;e mondiale de la paix, Paris, La Documentation Catholique, N&#176; 2305, 4 janvier 2004.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] Justice et Paix - France, Terrorisme, Condamner, Expliquer, R&#233;sister, Paris, Documents Episcopat, N&#176; 3 - 4 / 2005.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] Pape Jean Paul II, Message du 1er janvier 2005 pour la Journ&#233;e mondiale de la paix, La Documentation Catholique, N&#176; 2327, 2 janvier 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;volution Des Positions Chr&#233;tiennes Par Rapport &#224; la Peine de Mort</title>
		<link>http://www.fiacat.org/evolution-des-positions-chretiennes-par-rapport-a-la-peine-de-mort</link>
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		<dc:date>2010-12-31T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>NJ et GC</dc:creator>


		<dc:subject>Peine de mort</dc:subject>

		<description>La FIACAT demande aux &#201;glises et aux chr&#233;tiens de prendre ouvertement position contre la peine de mort et de prier pour les condamn&#233;s &#224; mort. &#201;VOLUTION DES POSITIONS CHR&#201;TIENNES PAR RAPPORT A LA PEINE DE MORT Historique des positions chr&#233;tiennes Jusqu'au IV&#232;me si&#232;cle apr&#232;s J&#233;sus-Christ, l'&#201;glise &#233;tait enti&#232;rement contre la peine de mort. Mais apr&#232;s son int&#233;gration dans l'&#201;tat romain, l'&#201;glise rempla&#231;a progressivement sa condamnation par la reconnaissance du (...)

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&lt;a href="http://www.fiacat.org/-position-des-eglises-" rel="directory"&gt;Position des Eglises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.fiacat.org/+-peine-de-mort-+" rel="tag"&gt;Peine de mort&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La FIACAT demande aux &#201;glises et aux chr&#233;tiens de prendre ouvertement position contre la peine de mort et de prier pour les condamn&#233;s &#224; mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;VOLUTION DES POSITIONS CHR&#201;TIENNES PAR RAPPORT A LA PEINE DE MORT&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Historique des positions chr&#233;tiennes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu'au IV&#232;me si&#232;cle apr&#232;s J&#233;sus-Christ, l'&#201;glise &#233;tait enti&#232;rement contre la peine de mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais apr&#232;s son int&#233;gration dans l'&#201;tat romain, l'&#201;glise rempla&#231;a progressivement sa condamnation par la reconnaissance du droit de l'&#201;tat de prononcer et d'appliquer la peine de mort.&lt;br /&gt;
En effet, le christianisme h&#233;rite de la tradition juive la l&#233;gitimit&#233; de la peine de mort et trouve celle-ci mise en pratique quotidiennement dans l'Empire romain, son premier terrain d'expansion. Le souverain jouit alors du pouvoir divin sur l'homme, celui de supprimer la vie :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Vie pour vie, oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main &#187;&lt;/i&gt; (Exode 21, 23-25) ;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Le vengeur du sang fera lui-m&#234;me mourir l'assassin ; quand il le rencontrera, il le tuera &#187; &lt;/i&gt; (Nombres 25, 19).&lt;br /&gt;
Malgr&#233; la loi de l'Eglise &#171; &lt;i&gt;Tu ne tueras point &lt;/i&gt; &#187; (Exode 20, 13), l'Ancien et le Nouveau Testaments pr&#233;voient la peine de mort pour un certain nombre de crimes : &#171; &lt;i&gt;Quiconque aura r&#233;pandu le sang de l'homme, que son sang soit r&#233;pandu&lt;/i&gt; &#187; (Gen&#232;se 9, 1-6).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La renaissance du droit romain au XII&#232;me si&#232;cle fait conna&#238;tre les textes l&#233;gislatifs des empereurs chr&#233;tiens et, de m&#234;me qu'il y a une raison d'&#201;tat, na&#238;t une &#171; &lt;i&gt;raison d'&#201;glise &lt;/i&gt; &#187;. Le pape affirme alors dans la d&#233;cr&#233;tale &lt;i&gt;Vergentis in senium&lt;/i&gt; de 1199 : &#171; &lt;i&gt;Si les criminels de l&#232;se-majest&#233; sont condamn&#233;s &#224; mort [&#8230;], &#224; plus forte raison ceux qui offensent le Christ doivent-ils &#234;tre retranch&#233;s [&#8230;], car il est beaucoup plus grave d'offenser la majest&#233; &#233;ternelle que d'offenser la majest&#233; temporelle &lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;
Au Moyen &#194;ge, l'&#201;glise livre le coupable au pouvoir la&#239;que qui est alors contraint de proc&#233;der &#224; l'ex&#233;cution de la peine. L'interd&#233;pendance du religieux et du politique a fait du d&#233;lit d'h&#233;r&#233;sie un d&#233;lit politique, punissable de mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de l'humanit&#233;, au d&#233;but du XIII&#232;me si&#232;cle, le principe m&#234;me de la peine de mort est mis en cause par les Vaudois. Ces derniers trouvent dans l'arsenal des textes de l'Ancien et du Nouveau Testament de solides arguments contre la peine de mort tel : &#171; &lt;i&gt;Je ne veux point la mort du p&#233;cheur, mais qu'il se convertisse&lt;/i&gt;. &#187; Mais le pape Innocent III leur fait signer en 1208, une formule d'abjuration o&#249; il est dit : &#171; &lt;i&gt;Nous affirmons, touchant la puissance s&#233;culi&#232;re, qu'elle peut sans p&#233;ch&#233; mortel exercer le jugement du sang, pourvu qu'elle proc&#232;de, en portant la sentence, non par haine mais par jugement&lt;/i&gt;. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous les juristes du Moyen &#194;ge, la&#239;ques ou eccl&#233;siastiques, partagent cette conception. Saint Thomas d'Aquin &#233;crit ainsi au XIII&#232;me si&#232;cle :&lt;br /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Si quelque individu devient dangereux pour la soci&#233;t&#233; et que son p&#233;ch&#233; soit contagieux pour les autres, il est louable et salutaire de le mettre &#224; mort au nom du bien commun&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='cf La Somme th&#233;ologique' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;] ;&lt;br /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Si celui qui tue volontairement son semblable commet un assassinat, il existe cependant des cas o&#249; la peine de mort peut &#234;tre donn&#233;e sans p&#233;ch&#233;, comme lorsqu'un soldat tue son ennemi ou qu'un juge prononce une peine capitale contre l'auteur d'un crime&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='cf Sur le libre arbitre' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est ce m&#234;me enseignement que l'on retrouve dans toute la th&#233;ologie et la pratique de l'&#201;glise, par exemple, au moment de la R&#233;forme. Une fois l'&#201;glise catholique officiellement reconnue par l'&#201;tat, la r&#233;pression des crimes par le pouvoir la&#239;que est l&#233;galis&#233;e et pouvait aller jusqu'&#224; verser le sang.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec l'apparition de la monarchie absolue, la charge de l'ordre public est confi&#233;e au seul souverain, les justices seigneuriales ou urbaines se voient priv&#233;es du droit de vie et de mort. L'h&#233;r&#233;sie, autrefois du ressort des justices d'&#201;glise, est revendiqu&#233;e par les cours royales. Mais les principes qui guident le l&#233;gislateur et les tribunaux n'ont gu&#232;re chang&#233;. L'id&#233;e d'amender les criminels est totalement absente. &lt;br /&gt;
L'usage immod&#233;r&#233; de la peine de mort n'est pas propre &#224; la France : la Russie, l'Espagne et l'Allemagne y ont &#233;norm&#233;ment recours.
&lt;br /&gt;
George Fox (1624-1691), fondateur des Quakers, ayant s&#233;journ&#233;, pour ses convictions religieuses, dans les prisons anglaises, proteste aupr&#232;s des juges &#224; propos des conditions de d&#233;tention et de la peine de mort : au XVII&#232;me si&#232;cle, les Quakers sont ainsi l'une des premi&#232;res communaut&#233;s de chr&#233;tiens &#224; prendre position contre la peine de mort. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1764, la publication de l'ouvrage du juriste italien Cesare Beccaria, le trait&#233; &lt;i&gt;Des d&#233;lits et des peines&lt;/i&gt;, qui remet en question la conception des ch&#226;timents dans les pays d'Europe, a un retentissement consid&#233;rable.&lt;br /&gt;
Le mouvement abolitionniste gagne, d&#232;s le XVIII&#232;me si&#232;cle, de nombreux milieux intellectuels. L'abolition de la peine de mort se situe dans un contexte de contestation et d'id&#233;ologie de progr&#232;s social. &lt;strong&gt;C'est ainsi que la peine de mort est officiellement abolie pour la premi&#232;re fois par le grand duch&#233; de Toscane (Italie).&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
N&#233;anmoins, les ex&#233;cutions continuent en Europe, au XIX&#232;me si&#232;cle comme au XX&#232;me si&#232;cle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le Nouveau Monde, le pragmatisme de nombreux gouvernements aboutit &#224; la disparition totale, parfois d&#232;s le XIX&#232;me si&#232;cle (essentiellement en Am&#233;rique Latine, puis au Canada) ou partielle (seulement certains &#201;tats des &#201;tats-Unis) de la peine de mort, jug&#233;e inutile et barbare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Partisans et adversaires de la peine capitale se d&#233;partagent par leur conception du r&#244;le de la peine dans la soci&#233;t&#233; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; pour les premiers, cette peine sert uniquement &#224; sauvegarder l'ordre juridique et &#224; maintenir l'ordre moral de la soci&#233;t&#233; ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; pour les seconds, l'une des fonctions attribu&#233;e &#224; toute peine &#233;tant l'amendement du criminel, la peine de mort appara&#238;t comme absurde puisque l'ex&#233;cution de la sentence ne permet pas &#224; la personne de se corriger et l'exclut de fa&#231;on d&#233;finitive de la soci&#233;t&#233;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Positions actuelles des &#201;glises chr&#233;tiennes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apr&#232;s avoir gagn&#233; en grande partie les milieux th&#233;ologiques protestants, l'extension dans le monde profane du courant abolitionniste devait peu &#224; peu faire &#233;voluer les catholiques, invit&#233;s par le concile Vatican II &#224; comprendre les hommes de leur temps, dans les valeurs qui les touchent le plus. Quant aux &#201;glises orthodoxes, elles sont pour certaines encore loin de partager la d&#233;marche abolitionniste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les &#201;glises protestantes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Alliance r&#233;form&#233;e mondiale r&#233;affirme sa position en 1989 : &lt;i&gt;&#171; L&#224; o&#249; la peine de mort est pr&#233;conis&#233;e, l'amour r&#233;dempteur et r&#233;conciliateur de Dieu est viol&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars 1990, le Conseil &#338;cum&#233;nique des &#201;glises (COE) &#8211; qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1948 et qui regroupe la plupart des &#201;glises protestantes et orthodoxes &#8211; a adopt&#233; une d&#233;claration proclamant son opposition inconditionnelle &#224; la peine de mort : &lt;br /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Reconnaissant que tous les &#234;tres humains sont cr&#233;&#233;s &#224; l'image de Dieu &lt;/i&gt; &#187;, il proclame &#171; &lt;i&gt;qu'en &#244;tant une vie humaine, l'&#201;tat usurpe la volont&#233; de Dieu &lt;/i&gt; &#187; ; il &#171; &lt;i&gt;d&#233;clare son opposition inconditionnelle &#224; la peine capitale, et demande &#224; tous les &#201;tats de l'abolir&lt;/i&gt; &#187; ; il &#171; &lt;i&gt;demande instamment aux gouvernements de signer et de ratifier rapidement le deuxi&#232;me protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, concernant l'abolition de la peine de mort &lt;/i&gt; &#187; ; il &#171; &lt;i&gt;demande aux &#201;glises membres, autant que possible en coop&#233;ration avec des personnes d'autres confessions et des organisations non gouvernementales :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; (a) de pr&#233;coniser l'abolition de la peine de mort dans les &#201;tats o&#249; elle demeure l&#233;gale ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; (b) de s'opposer aux efforts de r&#233;tablissement de la peine de mort dans les &#201;tats o&#249; elle est actuellement abolie ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; (c) de soutenir les efforts internationaux en faveur de l'abolition universelle de la peine de mort ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; (d) de d&#233;velopper des arguments th&#233;ologiques et bibliques pour aider leurs propres membres, et d'autres personnes, dans leurs efforts en vue de l'abolition de cette peine, et de r&#233;futer les arguments bibliques et th&#233;ologiques avanc&#233;s par de nombreux partisans de la peine de mort ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; (e) de s'encourager et de s'appuyer mutuellement dans ces efforts, en partageant leurs id&#233;es, leurs ressources et leur solidarit&#233; &lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;
En d&#233;cembre 1998, &#171; &lt;i&gt;le COE s'oppose depuis longtemps &#224; l'application de la peine capitale, mais le recours &#224; ce ch&#226;timent ultime est souvent souhait&#233; par les victimes dans les soci&#233;t&#233;s o&#249; s&#233;vissent la criminalit&#233; et la violence. Il convient de condamner tout sp&#233;cialement la peine capitale prononc&#233;e contre les jeunes. Les &#201;glises ont la responsabilit&#233; de pr&#244;ner la stricte observation des r&#232;gles du droit international et des normes relatives au respect des droits de la personne humaine qu'il fixe pour le traitement des d&#233;linquants. &lt;/i&gt; &#187;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#233;anmoins, dans un pays comme les Etats-Unis, on constate actuellement que, si les Eglises issues de la R&#233;forme, les Eglises protestantes &#171; classiques &#187;, sont r&#233;solument oppos&#233;es &#224; la peine de mort, certaines &#8211; mais pas toutes - Eglises issues du courant &#233;vang&#233;lique, comme par exemple la Convention des baptistes du Sud, militent toujours activement pour le maintien de la peine de mort, en s'appuyant en particulier sur la loi du talion de l'Ancien Testament.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;L'&#201;glise catholique romaine&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
En 1969, l'Etat du Vatican supprimait la peine de mort pour tous les crimes. Mais actuellement, l'Eglise catholique romaine continue &#224; reconna&#238;tre aux autorit&#233;s civiles le droit de la prononcer et de l'ex&#233;cuter. En r&#233;alit&#233;, Il faut savoir que le Vatican est principalement contre la peine de mort mais ne l'exclut pas &#224; 100%.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, le nouveau &lt;i&gt;Cat&#233;chisme de l'&#201;glise catholique&lt;/i&gt; de 1992, paru en 1993, r&#233;dig&#233; sous la responsabilit&#233; du Cardinal Joseph Ratzinger (devenu en 2005 le pape Beno&#238;t XVI), n'exclut pas, &#171; &lt;i&gt;dans les cas d'une extr&#234;me gravit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, le recours de l'autorit&#233; publique &#224; la peine de mort. Il consid&#232;re que la peine de mort ne pourrait &#234;tre inflig&#233;e qu'&#224; de tr&#232;s rares occasions - quasi &#171; &lt;i&gt;inexistantes&lt;/i&gt; &#187;, dit le texte - contre un &#171; &lt;i&gt;agresseur&lt;/i&gt; &#187; qui continuerait de constituer une menace pour des vies, ce qui ram&#232;nerait la question morale &#224; celle de la l&#233;gitime d&#233;fense.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son &#233;dition de 1997, au n&#176; 2267, le Cat&#233;chisme de l'&#201;glise catholique &#233;volue un peu en affirmant que : &#171; &lt;i&gt;L'enseignement traditionnel de l'Eglise n'exclut pas, quand l'identit&#233; et la responsabilit&#233; du coupable sont pleinement v&#233;rifi&#233;es, le recours &#224; la peine de mort si celle-ci est l'unique moyen praticable pour prot&#233;ger efficacement de l'injuste agresseur la vie des &#234;tres humains. Mais si des moyens non sanglants suffisent &#224; d&#233;fendre et &#224; prot&#233;ger la s&#233;curit&#233; des personnes contre l'agresseur, l'autorit&#233; s'en tiendra &#224; ses moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concr&#232;tes du bien commun et sont plus conformes &#224; la dignit&#233; de la personne humaine... Aujourd'hui, en effet, &#233;tant donn&#233; les possibilit&#233;s dont l'Etat dispose pour r&#233;primer efficacement les crimes en rendant incapable de nuire celui qui l'a commis, sans lui enlever d&#233;finitivement la possibilit&#233; de repentir, les cas d'absolue n&#233;cessit&#233; de supprimer les coupables sont d&#233;sormais assez rares, sinon m&#234;me pratiquement inexistants &lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;
Cette derni&#232;re phrase est une avanc&#233;e par rapport &#224; la version de 1992, mais n'est n&#233;anmoins pas satisfaisante. Les multiples d&#233;clarations des deux derniers papes pour demander la gr&#226;ce de condamn&#233;s, leurs nombreuses positions de refus de la peine de mort permettent de penser que les formulations ambigu&#235;s et inadmissibles du &lt;i&gt;Cat&#233;chisme catholique&lt;/i&gt; sur ce sujet doivent &#234;tre lues comme une interdiction de la pratique de la peine de mort.&lt;br /&gt;
Mais la FIACAT souhaite que les textes officiels soient modifi&#233;s et mis en conformit&#233; avec les d&#233;clarations du Saint Si&#232;ge. C'est pourquoi &lt;a href=&quot;http://www.fiacat.org/-representation-aupres-des-eglises-&quot; class='spip_in'&gt;elle exerce r&#233;guli&#232;rement des pressions en ce sens aupr&#232;s du Saint Si&#232;ge&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#192; partir de l'encyclique &lt;i&gt;Evangelium vitae&lt;/i&gt; (1995), plusieurs prises de parole du pape Jean Paul II et de ses collaborateurs imm&#233;diats expriment explicitement une position favorable &#224; l'abolition de la peine de mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 mars 1997, lors d'un colloque sur &#171; D&#233;lits et peines &#187; organis&#233; par l'universit&#233; de droit de Fordham (&#201;tats-Unis), Mgr Renato Raffaele Martino, alors nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Si&#232;ge aupr&#232;s des Nations unies (aujourd'hui pr&#233;sident du Conseil pontifical Justice et paix), fonde sa r&#233;flexion sur les droits de l'homme, et particuli&#232;rement sur le &#171; droit fondamental et sacr&#233; &#224; la vie &#187; :&lt;br /&gt;
En r&#233;f&#233;rence &#224; l'encyclique, il estime qu'il y a des moyens non sanglants d'assurer la s&#233;curit&#233; de la soci&#233;t&#233;.&lt;br /&gt;
En outre, il lie le respect de la vie du coupable au respect de la vie de l'enfant &#224; na&#238;tre qui est innocent : &lt;i&gt;&#171; Dans le d&#233;bat sur la peine de mort, je suis d'accord avec vous pour reconna&#238;tre qu'il serait incons&#233;quent de condamner la mise &#224; mort du criminel coupable, en permettant en m&#234;me temps &#8211; voire m&#234;me en encourageant &#8211; la mort de l'innocent. &#187;&lt;/i&gt; (Documentation catholique, 4 mai 1997, n&#176; 2159, page 441).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En signant, le 17 juillet 1998, le trait&#233; cr&#233;ant la Cour p&#233;nale internationale, qui ne pr&#233;voit pas la peine de mort, le Saint-Si&#232;ge constate que &#171; &lt;i&gt;la destruction de la vie [est] incompatible avec les r&#232;gles internationales qui fondent la Cour&lt;/i&gt; &#187;. Ce faisant, il ent&#233;rine objectivement l'abolition de la peine de mort.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le pape Jean Paul II a, &#224; de nombreuses reprises, en qualit&#233; de chef d'&#201;tat et de repr&#233;sentant de l'&#201;glise catholique romaine, appel&#233; les repr&#233;sentants de pays non abolitionnistes &#224; abolir la peine de mort &#224; l'aube du XXI&#232;me si&#232;cle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 25 d&#233;cembre 1998 : Jean Paul II, dans son message de No&#235;l, appelle &#224; prendre des &#171; &lt;i&gt;mesures urgentes et adapt&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, entre autres pour &#171; &lt;i&gt;bannir la peine de mort&lt;/i&gt; &#187;. (&lt;i&gt;La Documentation catholique&lt;/i&gt;, 17 janvier 1999, n&#176; 2196, p. 51).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; 27 janvier 1999 : dans son hom&#233;lie au cours de la messe c&#233;l&#233;br&#233;e en public &#224; Saint Louis (Missouri, &#201;tats Unis), Jean Paul II &#233;voque &#224; nouveau l'abolition de la peine de mort : &#171; &lt;i&gt;La nouvelle &#233;vang&#233;lisation a besoin de chr&#233;tiens qui soient sans r&#233;serve en faveur de la vie. [&#8230;] La soci&#233;t&#233; moderne a les moyens de se prot&#233;ger, sans &#244;ter au criminel de mani&#232;re d&#233;finitive la possibilit&#233; de se corriger (cf. Evangelium vitae, 27). Je renouvelle l'appel, que j'ai lanc&#233; r&#233;cemment &#224; No&#235;l, &#224; un accord pour supprimer la peine de mort, qui est &#224; la fois cruelle et inutile. &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;La Documentation catholique&lt;/i&gt;, 21 f&#233;vrier 1999, n&#176; 2198, p. 183.)&lt;br /&gt;
Ce n'est pas par la violence que l'on r&#233;sout la violence. Fustigeant r&#233;guli&#232;rement la &#171; &lt;i&gt;barbarie de l'ex&#233;cution et la cruaut&#233; d'une agonie inhumaine&lt;/i&gt; &#187;, Jean Paul II invite &#224; contrer la culture de la violence et &#224; s'engager r&#233;solument dans le sens de la vie sous toutes ses formes d'expression.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 2 novembre 1999, &#224; l'occasion de la discussion sur l'abolition de la peine de mort par l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU, Mgr Renato Raffaele Martino, Observateur permanent du Saint-Si&#232;ge, fait une d&#233;claration qui est un plaidoyer pour l'abolition de la peine capitale (&lt;i&gt;La Documentation catholique&lt;/i&gt;, 19 d&#233;cembre 1999, n&#176; 2216) :&lt;br /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Le droit &#224; la vie est un droit inali&#233;nable de toute personne humaine. Il s'ensuit que l'actuel projet de r&#233;solution soumis &#224; notre discussion devrait &#234;tre compris comme une puissante affirmation de la dignit&#233; de la personne humaine, du caract&#232;re sacr&#233; et de l'inviolabilit&#233; de la vie humaine. Les instruments internationaux sur lesquels s'appuie ce projet de r&#233;solution sont, de fait, des expressions contraignantes &#8211; et non pas des substituts &#8211; de ce principe de l'inviolabilit&#233; et du caract&#232;re sacr&#233; de la vie humaine.&lt;br /&gt;
[&#8230;] La position du Saint-Si&#232;ge est donc que les autorit&#233;s, m&#234;me pour les crimes les plus graves, devraient se limiter &#224; user de ch&#226;timents qui n'entra&#238;nent pas la mort, &#233;tant donn&#233; que ces moyens &#171; correspondent mieux aux conditions concr&#232;tes du bien commun et sont plus conformes &#224; la dignit&#233; de la personne humaine&#8221; (Cat&#233;chisme de l'&#201;glise catholique, n&#176; 2267). Les &#201;tats ont aujourd'hui &#224; leur disposition de nouvelles possibilit&#233;s pour &#8220;pr&#233;venir effectivement le crime, en rendant celui qui a commis une telle faute incapable de faire du mal, sans lui enlever d&#233;finitivement la possibilit&#233; de se racheter&#8221; (cf Jean Paul II, Evangelium vitae, 56.)&lt;br /&gt;
[&#8230;] Bien trop souvent, et en de trop nombreuses soci&#233;t&#233;s, le verdict de peine capitale s'accompagne d'inacceptables signes publics d'effroyable vengeance et de revanche. Bien trop souvent, ce sont les personnes qui sont des pauvres ou qui appartiennent &#224; des minorit&#233;s ethniques qui sont le plus susceptibles d'encourir cette peine. M&#234;me des jeunes et des personnes dont la capacit&#233; mentale est att&#233;nu&#233;e sont ex&#233;cut&#233;s. Combien de personnes innocentes ont &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;es par erreur ?&lt;br /&gt;
[&#8230;] Toute personne dont la vie prend fin dans une chambre &#224; gaz, par pendaison, par une piq&#251;re l&#233;tale ou par un peloton d'ex&#233;cution, est l'une d'entre nous : une personne humaine, un fr&#232;re ou une s&#339;ur, aussi cruelles et inhumaines que puissent appara&#238;tre ses actions.&lt;br /&gt;
[&#8230;] L'activit&#233; criminelle exige une punition effective. Mais il n'existe aucune &#233;vidence d&#233;finitive qui puisse encourager la croyance que la peine de mort r&#233;duit la probabilit&#233; de nouveaux crimes d'une extr&#234;me gravit&#233;. L'exploitation populiste de la peur ou de l'ins&#233;curit&#233; ne remplace pas la dure &#233;vidence. Le crime sera vaincu de mani&#232;re significative par une large politique d'&#233;ducation morale, de travail effectif de la police et en s'attaquant aux racines de la criminalit&#233;. La peine devrait &#234;tre assur&#233;e et proportionnelle au crime, mais elle devrait aussi avoir pour but de permettre au criminel, chaque fois que cela est possible, de devenir un membre constructeur de la soci&#233;t&#233;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout est dit. Cette d&#233;claration repr&#233;sente une &#233;volution significative de la position officielle de l'&#201;glise catholique sur la peine de mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis cette date, &lt;strong&gt;la position de l'&#201;glise catholique a &#233;t&#233; constante : elle se positionne toujours contre la peine de mort&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, le 21 juin 2006, au lendemain du r&#233;quisitoire qui a r&#233;clam&#233; la peine capitale pour Saddam Hussein, le cardinal Poupard, pr&#233;sident des Conseils pontificaux de la Culture et pour le Dialogue interreligieux, a rappel&#233; l'enseignement de l'Eglise catholique sur le caract&#232;re &#171; sacr&#233; &#187; de toute vie humaine : &#171; &lt;i&gt;La vie humaine est toujours inviolable... Chaque cr&#233;ature humaine, m&#234;me la plus mis&#233;rable, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e &#224; l'image et &#224; la ressemblance du Seigneur. Dieu est le ma&#238;tre de la vie et de la mort&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l'occasion du troisi&#232;me Congr&#232;s mondial sur la peine de mort qui s'est d&#233;roul&#233; &#224; Paris du 1er au 3 f&#233;vrier 2007, le Saint Si&#232;ge a affirm&#233; de nouveau son soutien &#224; toutes les initiatives visant &#224; d&#233;fendre la valeur inh&#233;rente et l'inviolabilit&#233; de toute vie humaine depuis sa conception jusqu'&#224; sa mort naturelle. Il a soulign&#233; que l'usage de la peine de mort est non seulement un refus du droit &#224; la vie mais aussi un affront &#224; la dignit&#233; humaine partag&#233;e par l'humanit&#233; tout enti&#232;re. En effet, il rappelle que les &#201;tats ont &#224; leur disposition de nouveaux moyens &#171; &lt;i&gt;de pr&#233;venir de mani&#232;re efficace les crimes, rendant celui qui a commis une offense incapable de faire le mal - sans lui enlever d&#233;finitivement la possibilit&#233; de se racheter&lt;/i&gt; &#187; (cf Jean-Paul II, &lt;i&gt;Evangelium vitae&lt;/i&gt;, n&#176; 56). De telles m&#233;thodes non l&#233;tales de pr&#233;vention et de punition &#171; &lt;i&gt;correspondent mieux aux conditions concr&#232;tes du bien commun et sont plus conformes &#224; la dignit&#233; de la personne humaine&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Cat&#233;chisme de l'&#201;glise catholique&lt;/i&gt;, n&#176; 2267). Il a rappel&#233; notamment que &#171; &lt;i&gt;toute d&#233;cision de peine capitale encourt de nombreux risques : le danger de punir des personnes innocentes ; la tentation de promouvoir des formes violentes de revanche plus qu'un v&#233;ritable sens de la justice sociale ; une offense claire contre l'inviolabilit&#233; de la vie humaine, en promouvant une culture de la violence et de la mort ; et, pour les Chr&#233;tiens, il s'agit aussi d'un m&#233;pris de l'enseignement &#233;vang&#233;lique sur le pardon. &#212;ter la vie ne permet jamais de parvenir &#224; des objectifs estimables pour lesquels les soci&#233;t&#233;s punissent les d&#233;linquants, alors que cela peut apaiser temporairement les app&#233;tits de vengeance&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 30 octobre 2007, le Cardinal Renato Raffaele Martino, Pr&#233;sident du &lt;i&gt;Conseil pontifical Justice et Paix&lt;/i&gt;, a appel&#233; les chr&#233;tiens du monde entier &#171; &lt;i&gt;&#224; coop&#233;rer &#224; la d&#233;fense des droits de l'homme et &#224; l'abolition de la peine de mort, de la torture et d'autres peines ou traitements cruels, inhumains ou d&#233;gradants en temps de paix et de guerre. Ces pratiques constituent des crimes graves contre la personne humaine, cr&#233;&#233;e &#224; l'image et &#224; la ressemblance de Dieu (Gen&#232;se 1, 27) et un scandale pour la famille humaine au XXI&#232;me si&#232;cle&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 7 janvier 2008, lors de sa rencontre annuelle avec les diplomates accr&#233;dit&#233;s aupr&#232;s du Saint-Si&#232;ge, le pape Beno&#238;t XVI a souhait&#233; que l'appel lanc&#233; par l'ONU &#224; un moratoire sur la peine de mort &#171; &lt;i&gt;stimule le d&#233;bat public sur le caract&#232;re sacr&#233; de la vie humaine &lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La doctrine sociale de l'Eglise enseigne donc aujourd'hui qu'il n'est pas l&#233;gitime de mettre quelqu'un &#224; mort lorsqu'il y a d'autres moyens pour l'emp&#234;cher de nuire. &lt;br /&gt;
Le pape Beno&#238;t XVI, comme le pape Jean-Paul II avant lui, demande ainsi r&#233;guli&#232;rement &#224; des chefs d'Etat d'accorder leur gr&#226;ce &#224; des condamn&#233;s &#224; mort. Il s'agit de d&#233;noncer la peine de mort comme une abomination, parce qu'elle tue une vie et sa dignit&#233;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parall&#232;lement &#224; l'&#233;volution du Saint Si&#232;ge, on peut relever que, depuis une quarantaine d'ann&#233;es, des conf&#233;rences &#233;piscopales rassemblant les &#233;v&#234;ques catholiques d'un m&#234;me pays, prennent r&#233;guli&#232;rement position contre la peine de mort :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;les &#233;v&#234;ques canadiens, en 1973&lt;/strong&gt; : ils jugent &#171; abusif le recours &#224; des textes bibliques - sp&#233;cialement de l'Ancien Testament - pour justifier le maintien de la peine de mort &#187;. Ils ajoutent : &#171; &lt;i&gt;J&#233;sus-Christ condamne cette tendance habituelle de l'homme &#224; r&#233;pondre &#224; une injure par une autre injure et invite plut&#244;t &#224; la magnanimit&#233;&lt;/i&gt;. &#187; (&lt;i&gt;Les &#233;v&#234;ques canadiens et la peine de mort&lt;/i&gt;, La Documentation catholique, 4 mars 1973, n&#176; 1627, p. 246.),
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;les &#233;v&#234;ques am&#233;ricains &#224; de multiples reprises depuis 1981&lt;/strong&gt; : en particulier, en 1999, ils expriment bien ce contre-t&#233;moignage de la violence pour enrayer la violence : &#171; &lt;i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Nous appelons toutes les personnes de bonne volont&#233;, et particuli&#232;rement les catholiques, &#224; &#339;uvrer pour l'abolition de la peine de mort [&#8230;]. Nous cherchons &#224; instruire et convaincre nos concitoyens que cette punition est souvent injuste et entach&#233;e de racisme. Nous nous opposons aux lois des &#201;tats qui autorisent la peine capitale et aux lois f&#233;d&#233;rales qui voudraient &#233;tendre son champ d'application [&#8230;]. Nous soutenons pleinement et encourageons ces tentatives et d'autres pour renforcer la dignit&#233; de toute vie humaine [&#8230;].&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Notre affirmation du respect de la vie est d'autant plus &#233;vidente quand nous demandons de respecter la vie de tous et de chacun, y compris la vie de ceux qui n'ont pas su montrer un tel respect aux autres. L'antidote &#224; la violence est l'amour, et non davantage de violence [&#8230;]. Nous nous opposons &#224; la peine capitale non seulement pour le sort qui attend les coupables de crimes affreux mais &#233;galement pour l'impact que cela a sur notre soci&#233;t&#233;. La confiance croissante dans la peine de mort nous abaisse tous, c'est le signe d'un manque grandissant de respect de la vie humaine. Nous ne pouvons vaincre le crime en ex&#233;cutant simplement les criminels, pas plus que nous ne rendons la vie aux innocents en arr&#234;tant la vie des meurtriers. La peine de mort offre l'illusion tragique que nous pouvons d&#233;fendre la vie en la prenant [&#8230;]. Par l'&#233;ducation, par l'argumentation, par la pri&#232;re et la contemplation de la vie de J&#233;sus, nous devons nous impliquer par principe dans un t&#233;moignage opini&#226;tre contre la peine de mort, contre une culture de mort et pour l'&#201;vangile de la Vie. &lt;/i&gt; &#187; (Communiqu&#233; de la Conf&#233;rence des &#233;v&#234;ques am&#233;ricains, 2 avril 1999)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;les &#233;v&#234;ques des Philippines &#224; partir de 1981&lt;/strong&gt; : ils r&#233;affirmeront r&#233;guli&#232;rement et publiquement leur position abolitionniste, militant activement pour obtenir, d'abord un moratoire sur les ex&#233;cutions, puis l'abolition juridique de la peine de mort qu'ils obtiendront en 2006
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;les &#233;v&#234;ques de l'Irlande en 1981&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;les &#233;v&#234;ques de France en 1991&lt;/strong&gt;, consid&#232;rent que : &#171; &lt;i&gt;Pour des raisons diverses, beaucoup de pays ont aboli la peine de mort. Le chr&#233;tien ne peut que se r&#233;jouir de voir ainsi se d&#233;velopper le sens du respect absolu de la vie. Cependant, la justice doit &#234;tre assur&#233;e et la soci&#233;t&#233; prot&#233;g&#233;e. Mais, quels que soient ses crimes, une personne humaine reste un enfant de Dieu que l'on doit respecter comme tel. L'esp&#233;rance chr&#233;tienne croit toujours l'homme capable de s'amender. &lt;/i&gt; &#187; (Les &#233;v&#234;ques de France, Cat&#233;chisme pour les adultes, n&#176; 588),&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;les &#233;v&#234;ques du Br&#233;sil en 1993&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fiacat.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;les &#233;v&#234;ques de Slovaquie en 1994&lt;/strong&gt;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les &#201;glises orthodoxes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Selon Nicolas Berdiaev, th&#233;ologien orthodoxe de la premi&#232;re moiti&#233; du XX&#232;me si&#232;cle : &#171; &lt;i&gt;Nul homme, pris &#224; part, ne peut &#234;tre une incarnation et une personnification du mal. Chacun n'est porteur que d'une parcelle du mal, ce qui fait qu'il est impossible de porter un jugement d&#233;finitif sur qui que ce soit, et c'est ce qui pose les limites au principe du ch&#226;timent. Un homme peut bien commettre un crime, mais l'homme, en tant que personne compl&#232;te, ne peut &#234;tre un criminel, et on ne doit pas le traiter comme une incarnation du crime : il reste une personne, il porte en lui l'image de Dieu [&#8230;].&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='cf De l'esclavage et de la libert&#233; de l'homme' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&lt;strong&gt;usqu'&#224; aujourd'hui, il n'y a pas de position unifi&#233;e des &#201;glises orthodoxes, toutes autoc&#233;phales et ind&#233;pendantes.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines &#201;glises orthodoxes comme l'&#201;glise orthodoxe d'Am&#233;rique se sont clairement prononc&#233;es contre la peine de mort dans une r&#233;solution du Concile de 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Eglise orthodoxe de Russie est, elle, plus en retrait.&lt;br /&gt;
En mai 1998, Alexis II, alors patriarche de Moscou (Russie), pr&#233;cise : &lt;i&gt;&#171; La peine capitale constitue un homicide avec pr&#233;m&#233;ditation et une violation du commandement biblique enjoignant de ne pas tuer. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
En 2000 , l'&#201;glise de Russie a produit &#224; l'occasion du Concile jubilaire un document s'intitulant &lt;i&gt;&#171; Fondements d'une doctrine sociale de l'&#201;glise Orthodoxe Russe &#187;&lt;/i&gt;, qui pr&#233;sente le point de vue officiel du Patriarcat de Moscou sur les relations de l'&#201;glise avec l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; civile. Le paragraphe traitant de la peine de mort &#233;nonce que &lt;i&gt;&#171; sous l'influence morale des chr&#233;tiens une attitude n&#233;gative s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; son &#233;gard dans la conscience des peuples. [..] L'abolition de la peine de mort ouvrirait la voie &#224; de nouvelles occasions d'un travail pastoral avec ceux qui ont p&#233;ch&#233; et &#224; davantage de possibilit&#233;s pour eux de se repentir. [..] Aujourd'hui de nombreux &#201;tats ont aboli la peine de mort par la loi ou ont cess&#233; de la mettre en application. L'&#201;glise approuve ces d&#233;cisions des autorit&#233;s &#233;tatiques. En m&#234;me temps, elle croit que la d&#233;cision d'abolir ou de ne plus appliquer la peine de mort doit &#234;tre prise librement par la soci&#233;t&#233;, en prenant en consid&#233;ration le taux de criminalit&#233; et l'&#233;tat de d&#233;veloppement de son syst&#232;me judiciaire et plus encore le besoin de prot&#233;ger la vie de ses membres &#187;&lt;/i&gt; (paragraphe IX, 3).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans cette lign&#233;, historiquement &#233;troitement li&#233;e &#224; un pouvoir politique autoritaire et centralisateur, l'&#201;glise orthodoxe russe a, ces derni&#232;res ann&#233;es, &#233;t&#233; influenc&#233;e par les conceptions s&#233;curitaires de la lutte contre le terrorisme. Ainsi, m&#234;me si la Russie observe un moratoire sur la peine de mort, l'&#201;glise orthodoxe prot&#232;ge et appuie la guerre en Tch&#233;tch&#233;nie, en la qualifiant de &#171; sainte guerre &#187; et de &#171; lutte patriotique &#187;. &lt;br /&gt;
En janvier 2000, le patriarche Alexis II a d&#233;cor&#233; lui-m&#234;me les g&#233;n&#233;raux menant les op&#233;rations dans le Caucase.&lt;br /&gt;
En 2007, le m&#233;tropolite Kirill de Smolensk (Russie) a pu affirmer :&lt;i&gt; &#171; Aux droits de l'homme admis par la soci&#233;t&#233; correspondent les devoirs de l'homme devant la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Aujourd'hui, l'&#201;glise orthodoxe russe &#171; &lt;i&gt;ne serait pas totalement contre la peine de mort&lt;/i&gt; &#187;. Mais elle la l&#233;gitimit&#233; encore par &#171; &lt;i&gt;l'&#233;tat de la criminalit&#233; du moment&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Comme on peut le voir, les positions des chr&#233;tiens, si elles sont majoritairement oppos&#233;es &#224; la peine de mort, restent cependant contrast&#233;es dans la mesure o&#249; certains courants, notamment dans des milieux &#233;vang&#233;liques ou fondamentalistes protestants et dans certaines Eglises orthodoxes, continuent &#224; &#234;tre favorables au recours &#224; la peine de mort pour punir les infractions les plus graves.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] cf La Somme th&#233;ologique&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-2' id='nb2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] cf Sur le libre arbitre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-3' id='nb2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] cf De l'esclavage et de la libert&#233; de l'homme&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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