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La torture

Qu’est ce que la Torture ?

« … le terme « torture » désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins d’obtenir d’elle ou d’une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d’un acte qu’elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d’avoir commis, de l’intimider ou de faire pression sur elle ou d’intimider ou de faire pression sur une tierce personne, ou pour tout autre motif fondé sur la discrimination quelle qu’elle soit, lorsqu’une telle douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite. Ce terme ne s’étend pas à la douleur ou aux souffrances résultant uniquement de sanctions légitimes, inhérentes à ces sanctions ou occasionnées par elles »
Article 1 alinéa 1 de la Convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, du 10 décembre 1984.

La torture est un acte :

- volontaire, « délibérément infligé » ou « intentionnellement commis » par des êtres humains sur d’autres êtres humains ;
- qui inflige une souffrance intense, immédiate ou à terme, le plus souvent physique et toujours mentale, à une personne sans défense, réduite à l’état d’objet entre les mains de son bourreau ;
- qui porte une atteinte grave à l’intégrité physique et mentale d’une personne. En agissant sur la douleur physique, l’angoisse, la terreur, l’humiliation, la rupture brutale avec tout lien affectif, le bouleversement des repères sensoriels, la suppression des cadres cultuels et religieux, l’acte tortionnaire vise à désorganiser la personnalité, à briser sa structure et sa cohérence intime, afin que la personne torturée ne soit plus elle-même ;
- systématiquement programmé, souvent répété, qui procède d’une décision, s’insère dans un programme, fait partie d’un tout organisé. Il ne s’agit pas d’un geste isolé de colère ou de violence ou même de peur.

La torture, souvent évoquée pour faire parler, vise surtout à faire taire, à terroriser. Elle se pratique dans le secret, avec pour seuls témoins ceux qui en sont complices. C’est pour cela qu’il est très difficile d’obtenir des preuves et des chiffres.

Des méthodes qui évoluent

Le souci de ne pas laisser de traces amène les institutions policières qui torturent à se doter d’outils de plus en plus discrets et "professionnels", en utilisant notamment l’électricité qui permet d’agir à distance.

Les tortionnaires, intégrés dans un processus objectif où leur responsabilité se dilue, s’en trouvent déculpabilisés. D’ailleurs, ils ne torturent pas, ils "interrogent".

Des médecins, souvent impliqués dans ces processus, finissent par ne plus savoir s’ils soignent ou s’ils contribuent à la torture. Quant aux psychologues et psychiatres, ils conseillent les directions carcérales pour agir avec plus d’efficacité sur les psychismes : isolement ; manipulations de la lumière, des rythmes physiologiques, de l’environnement affectif et sensoriel ; administration de produits pharmacologiques...

Des tortionnaires dûment formés

Les tortionnaires ne sont pas toujours des sadiques ou des fous. Ils sont au départ "des gens très ordinaires" que l’on manipule.

Des témoignages d’anciens bourreaux ont permis d’analyser les quatre phases utilisées, dans toutes les écoles de torture, pour former un tortionnaire aux "techniques d’interrogatoire".
D’abord, les candidats sont mis en valeur au moyen d’épreuves d’endurance et de force : ils ont des "qualités" de masculinité idéale, ils sont des "élus".
Puis, ils doivent accomplir des actes inutiles ou humiliants détruisant leur humanité. Au cours de cette phase de destruction, les candidats sont obligés, pour ne pas sombrer dans l’anéantissement, de remanier leur structure psychique et d’intérioriser ces ordres, impératifs absolus et dépourvus de sens.
On leur fait, ensuite, accomplir des épreuves difficiles mais non humiliantes dont la valeur repose à nouveau sur la dureté et la fierté : pendant cette phase de reconstruction, ils en arrivent à mépriser les "non-initiés", exclus de la famille humaine.
Enfin, une phase terminale lie les candidats par le secret et leur indique qu’ils sont maintenant au-dessus des lois : ils peuvent participer alors, en tant que tortionnaire, à leur première séance de tort.

La CINAT
Coalition des ONG Internationales contre la Torture

La coalition des ONG internationales contre la torture (CINAT) a été créée en 1999 pour lutter contre la persistance du fléau de la torture.

En travaillant en coalition, les sept ONG membres de la CINAT permettent à leurs actions, campagnes et prises de positions d’atteindre une très large audience.

Pour aller plus loin :

- Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, 26 juin

- La CINAT

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