Accueil du site > Archives > Campagne annuelle > Campagne 2006 : Pour une déclaration commune des Eglises pour (...)

Campagne 2006 : Pour une déclaration commune des Eglises pour l’abolition de la torture

L’année 2006 est placée dans la perspective du séminaire 2007, « L’interdit de la torture : un principe en péril ».

En octobre dernier, toutes les ACAT ont reçu un questionnaire destiné à les aider à poser un diagnostic sur les dynamiques sociales et politiques qui mettent en péril l’interdit de la torture et une réflexion biblique sur l’interdit de la torture. Première étape dans la préparation du temps fort de mai 2007.

En deuxième étape, la FIACAT propose aux ACAT qu’à l’occasion du 26 juin, journée internationale de soutien aux victimes de la torture, ou toute autre date jugée plus opportune, de demander aux Eglises de leur pays une déclaration commune réaffirmant cet interdit.

Pourquoi une déclaration commune :

- Les humiliations, les viols, les tortures, les violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire, commise parce les forces armées américaines et dont ont été victimes les prisonniers iraquiens et afghans – tout comme les détenus de Guantanamo Bay -, soulèvent l’indignation et la réprobation, appellent des sanctions et des réparations. Ils mettent en danger les valeurs qui sont les nôtres, ce qui appelle une prise de position publique claire et sans ambiguïté des Eglises.

- En outre, cette politique du gouvernement des États-Unis incite d’autres pays à recourir à de telles dérives, notamment en acceptant sur leur territoire l’installation de lieux de détention ou de torture de prisonniers que leur livrent les services secrets américains. Enfin, certains gouvernements prennent prétexte de ce combat contre le terrorisme pour légitimer leur propre répression envers des groupes d’opposition ou des minorités.

Ainsi, s’ouvre une brèche importante dans le droit international en vigueur qui prohibe de façon absolue et universelle la pratique de la torture : aujourd’hui, certaines forces politiques estiment légitime de torturer au nom de la protection contre le terrorisme.

- La fin ne justifie jamais les moyens. Au contraire, c’est dans les moyens que se réalise ou que se détruit la fin recherchée. Autrement dit, si combattre le terrorisme est légitime et nécessaire, prétendre le faire par des méthodes de terreur ne fera que renforcer le terrorisme et les violences qui s’ensuivent. Les Eglises, porteuses du message non-violent du Christ, doivent rappeler cette règle aux gouvernants, les incitant à ne pas mettre en péril État de droit en franchissant les limites imposées par les normes et conventions internationales protégeant les droits humains.

- De nombreuses autorités ecclésiales se sont déjà prononcées pour condamner fermement autant le terrorisme que l’usage de la torture. Mais rares sont les prises de position communes. En proposer une, c’est inviter les Eglises à témoigner d’un oecuménisme concret et, plus encore, de l’unité des chrétiens dans le refus de cette pratique destructrice. Si, dans votre pays, une déclaration avec des responsables d’autres religions, en particulier judaïsme et islam, vous paraissent possible, n’hésitez pas à les y associer.

Que pourrait contenir une telle déclaration ?

Quelques suggestions.

Elle pourrait :

- Saluer l’engagement des chrétiens qui luttent contre la torture et les exécutions capitales (et pourquoi pas suggérer de mentionner votre ACAT) ;

- Rappeler aux chrétiens l’horreur absolue de la torture qui détruit l’homme ;

- RAppeler le principe absolu du respect de la dignité de la personne, l’amour du prochain, le dialogue et la communion fraternelle, la recherche de la paix ;

- Rappeler que, bien souvent, les inégalités économiques et les discriminations sont le terreau sur lequel fleurissent les violations des droits de l’homme comme la torture et les restrictions des libertés publiques qu’entraîne la lutte contre le terrorisme ;

- Souligner que les chrétiens constituent une communion de Foi et de prière au service de leurs frères les plus démunis et que les victimes de la torture font partie de ces derniers ;

- Appeler ainsi tous les chrétiens à s’engager dans le combat pour les victimes de la torture à être des serviteurs de la justice et des bâtisseurs de paix ;

- Condamner, en conséquence, la torture et les traitements inhumains ou dégradants en toutes circonstances (en tous lieux et en tous temps, de paix comme de guerre) ;

- Encourager et demander à État :

● De ratifier les pactes, conventions ou protocoles qu’il n’aurait pas encore ratifiés (Pacte international relatif aux droits civils et politiques et ses protocoles, Convention des Nations Unies contre la torture et son Protocole facultatif créant un mécanisme de prévention de la torture par un système de visite régulière des lieux de détention) et à les transcrire dans son droit national. Pensez également aux Conventions propres à votre région.

● De mener en toute transparence, indépendance et impartialité, des enquêtes lorsqu’il y a allégations de torture ;

● De condamner publiquement les actes de torture ;

● De poursuivre et de sanctionner systématiquement devant les tribunaux judiciaires les auteurs de tels actes ;

● D’indemniser les victimes et leurs familles.

Qui sommes nous ?
Equipe
Réseau des ACAT
Statuts
Finances
Comprendre
La torture
La peine de mort
Les disparitions forcées
La justice internationale
Instances internationales
Position des Eglises
Tableau des ratifications par pays
Frise chronologique
Cartographies
Agir
Auprès des instances internationales
Avec les Coalitions
Formations
Comment agir ?
S’informer
Rapports d’activités
Rapports
Le bulletin ’Fiacat Info’
Ressources documentaires
Ressources théologiques
Liens
Espace Presse

Contact - Liens
FIACAT - 27, rue de Maubeuge - 75009 Paris — France - Tél.: +33 (0)1 42 80 01 60 - Réalisation site : Epistrophe